La fusion de la Mutuelle familiale de la Corse et de la Mutuelle générale de la Corse est actée. François Vincensini (ex-Mfc) et Michel Pantanacce (ex-Mgc), nous en parlent. 

L’Acpr* vient de valider la fusion. Un refus était-il envisageable ? 

F.V. : Nous avions confiance en la décision de l’Acpr. Ces quinze dernières années, le monde mutualiste, aujourd’hui dominé par une dizaine de grands groupes, a en effet subi d’intenses bouleversements, le nombre de mutuelles étant passé en France d’environ 6 000 à 400. Unir nos forces paraissait donc plus que pertinent. 

M.P. : La Mfc et la Mgc, toutes deux au service de la Corse et des Corses, ne pouvaient continuer d’être rivales. Leur union donne matière à réflexion à la concurrence, mais aussi à tous les partenaires présents et à venir. 

Qu’y gagnent les adhérents ? 

M.P. : Une offre optimisée, avec des produits d’accompagnement adaptés qui répondent aux besoins des insulaires selon le meilleur rapport qualité-prix. 

F.V. : La Mutuelle de la Corse s’appuie sur un réseau d’agences dont chacune a désormais plus de conseillers, la fusion n’entraînant aucun licenciement. 

Y a-t-il un impact sur les cotisations ? 

F.V. : Elles n’augmenteront pas plus en 2019 qu’auparavant, cette hausse étant contenue à +1,8 % quand la moyenne est de +2 à 3 % au niveau national. 

M.P. : La Mfc et la Mgc affichaient des comptes équilibrés. De plus, nos frais de gestion restent exceptionnellement bas, et nous ferons tout pour les maintenir à 16,5 %. Pour autant, face aux dispositions gouvernementales, restons lucides : le coût de la santé ne va pas en diminuant, avec des conséquences attendues par les mutuelles en matière de reste à charge et de risque dépendance. D’où l’intérêt de la fusion ! 

Quel est le calendrier de la nouvelle mutuelle ? 

M.P. : Les deux prochains grands rendez-vous sont l’élection des délégués et l’assemblée générale qui, entre le 30 mars et le 6 avril, consacrera leur investiture et désignera le conseil d’administration. 

F.V. : L’enjeu dans les mois à venir, tout en favorisant la synergie de tous les acteurs mutualistes (du Livre I au Livre III du Code de la mutalité), est de construire un projet de santé qui tienne compte des spécificités de l’île. Nous voulons une télémédecine opérationnelle dès 2019. La Mutuelle de la Corse entend aussi développer des partenariats pour des garanties plus larges. 

M.P. : En 2018, la Mfc et la Mgc ont respectivement fêté leurs soixante ans et quarante ans. Ensemble, elles font une jeune centenaire expérimentée et tournée vers l’avenir ! l 

Propos recueillis par Eva Mattei 

* L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution est l’organe de supervision français de la banque et de l’assurance.