Les assemblées générales de section se sont tenues début octobre à Sisteron Manosque et Gap.

En ouvrant les assemblées générales de la Mutuelle de France Alpes du Sud, le président Jean-Claude Eyraud aurait pu dire aux mutualistes : « J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle »… La bonne nouvelle est que la Mutuelle se porte bien (voir encadré). La mauvaise nouvelle est la « taxe Covid » de 2,6 % sur le chiffre d’affaire de 2020 (et de 1,3% en 2021) qui devrait être instaurée pour participer à une sorte d’effort de guerre contre la Covid-19, au prétexte que les mutuelles ont moins remboursé durant les deux mois de confinement.

Il n’y a pas de trésor de guerre

Oui, il y a eu moins de soins, donc moins de prestations à payer, mais les cinq agences de la Mutuelle de France Alpes du Sud constatent – et c’est normal – que les mutualistes ont simplement différé certains soins non urgents (dentaires par exemple). Il n’y a donc pas eu de trésor de guerre amassé par les mutuelles. Le président a martelé son exaspération d’une politique «inqualifiable » qui consiste à taxer encore et toujours les mutuelles « comme si elles ne l’étaient pas déjà assez ! » (Les taxes payées par la mutuelle à l’Etat cette année devraient se monter à 1 364 400 euros dont 210 000 euros de taxe Covid). Il précisait aux mutualistes : «Votre mensualité mutualiste de janvier et de février 2021 ira directement à l’Etat », avant de souligner que les élus de la Mutuelle rencontreraient les députés et sénateurs des deux départements alpins pour tenter de les convaincre de ne pas voter la loi. Cette « taxe Covid » et l’augmentation prévisible des dépenses de santé entraîne une très légère augmentation des cotisations de 1,3 % en 2021. Pour rappel, elles n’avaient pas bougé depuis trois ans. « Une augmentation a minima, précisait Jean-Claude Eyraud, car, nous le savons, nos concitoyens ont des difficultés ».

Le sujet épineux du « forfait accueil et traitement des urgences » qui sera, si la loi est votée, facturé en cas de non-hospitalisation (en lieu et place du ticket modérateur) a été abordé. D’une certaine manière, il stigmatisera l’utilisation des urgences. Et le montant de ce forfait étant fixé par décret, l’Etat aurait tout loisir de l’augmenter à sa guise. Le président rappelait que ceux qui se présentent aux urgences dans nos départements ruraux n’ont souvent pas le choix, faute de médecin.

Parmi les remarques intéressantes, l’un des mutualistes a rappelé que l’on entend souvent parler des « réserves des mutuelles », notamment par certains médias, mais qu’il serait bon de communiquer sur le fait que les mutuelles sont tenues par la loi d’avoir une marge de solvabilité suffisante pour faire face à leurs obligations vis-à-vis de leurs adhérents. Le grand public ne connaît pas les contraintes de la loi Solvabilité 2. Cette « marge de solvabilité » incompressible n’est en aucun cas une réserve dans laquelle on peut piocher allègrement, et dans laquelle l’Etat peut se servir à sa guise.

Jean-Marie Delmaëre Photo © Eric Franceschi

La mutuelle en chiffres 

Adhérents au 1er octobre 2020 :

  • Section de Sisteron : 3295
  • Section des Hautes-Alpes : 3549
  • Section de Manosque : 3057
  • Personnes couvertes en tout : 14 507

(progression depuis début 2019 : + 9,4 %)

Le cerveau, machine formidable

Assemblée générale mutuelle 04_05 et animation sur le cerveau et la mémoire

A la fin de l’assemblée générale, la psychologue Sylvie Hirt a fait une passionnante intervention sur le cerveau. Cet organe assure des fonctions inconscientes (contrôle du rythme cardiaque, fonctions intellectuelles…), mais aussi la motricité, l’attention, le langage, qu’il soit écrit ou oral, la mémoire … C’est aussi lui qui nous permet de nous organiser, de juger, de nous auto-contrôler. Prenons la mémoire par exemple. Le cerveau, cette machine formidable, nous permet de conserver des choses en mémoire tout en faisant autre chose, les effacer ou au contraire les conserver dans la mémoire à long terme. Il y a la mémoire des automatismes, comme celle qui permet de faire du vélo ou du ski sans réapprendre à chaque fois … Sylvie Hirt a développé les fantastiques capacités de notre cerveau mais a aussi abordé les maladies qui l’affectent, comme la maladie d’Alzheimer qui, avec 200 000 nouveaux cas chaque année, touche 5 % des plus de 65 ans, soit plus d’un million de Français. Nous devons faire fonctionner notre cerveau, lire, parler, faire de l’exercice physique, intellectuel…