Les Mutuelles de France ont tenu leur congrès à Brest du 27 au 29 octobre dernier. Durant trois jours, les participants ont débattu et travaillé à bâtir des solidarités nouvelles plus que jamais indispensables en cette période de crise sanitaire.

«Je vous propose un congrès de combat, de mobilisation pour faire advenir de nouveaux jours heureux *. » C’est par ces mots que Jean-Paul Benoit, président des Mutuelles de France a introduit les journées de rassemblement de sa fédération. Durant trois jours les participants ont planché sur des sujets multiples. D’abord, les politiques à mettre en œuvre face à la crise car « ce qui nous préoccupe, c’est la misère et les injustices qui explosent. Elles montrent le coût humain inacceptable de décennies d’attaques de la Sécurité sociale, d’absence de politiques de prévention et d’asphyxie financière de l’hôpital public» s’est indigné Jean-Paul Benoit.

Les congressistes ont aussi travaillé sur la question des inégalités hommes-femmes. Et comment la Mutualité pourrait participer à les réduire alors que la crise sanitaire a révélé que les métiers utiles et mal payés sont pour beaucoup féminins et que le confinement a vu croître les violences conjugales. La secrétaire générale adjointe des Mutuelles de France Jocelyne Leroux a dégagé des propositions concrètes : inclure des prestations spécifiques pour les femmes dans les contrats santé ; former les salariés pour qu’ils puissent d’orienter les femmes vers des structures adaptées : « nous pourrions aussi être précurseurs pour faire des IVG médicamenteuses dans nos centres de santé » a t’elle affirmé : «Bougeons nous ! ».

Il a été aussi question de lutte contre les inégalités de santé, de préservation des libertés publiques en temps d’urgence sanitaire, d’articulation entre sécurité sociale et Mutualité et du rôle que peut jouer l’Economie sociale et solidaire pour bâtir un monde plus solidaire.

« Aujourd’hui selon où nous vivons, notre origine, notre genre, notre orientation sexuelle, notre catégorie sociale, notre richesse, notre niveau d’instruction, nous ne sommes pas égaux dans l’accès à la santé. Cette pandémie a pointé une loupe sur les inégalités, les discriminations et les fractures de notre société. Elle a souligné chaque faiblesse de notre système de santé et de notre protection sociale. » a estimé Jean-Paul Benoit or « dans cette crise, le gouvernement a choisi l’infantilisation plutôt que la citoyenneté et ne change pas sa politique néolibérale».

Faire entrer les jeunes, en Mutualité. Un défi.

Invité par les Mutuelles de France, le président de la Mutualité Française Thierry Beaudet a rappelé à Brest combien : «En cette période de crise sanitaire, nous avions plus que jamais besoin de Mutualité».

  • Les jours Heureux, c’est le nom que le Conseil National de la Résistance a donné à son programme de reconstruction démocratique, économique et social en 1945.