L'Unicef alerte sur la situation des enfants en France

A l’occasion de l’audition de la France par le comité des Droits de l’enfant de l’Onu, les 13 et 14 janvier 2016, l’Unicef France publie «Les enfants peuvent bien attendre, un titre fort mais révélateur des contributions compilées dans cet ouvrage collectif.

 

Préfacé par Christiane Taubira, garde des Sceaux et ministre de la Justice, le livre donne la parole, de manière transversale et inédite, à 25 experts exerçant dans le champ de l’enfance et de l’adolescence (chercheurs, sociologues, avocats et magistrats, professionnels ou encore élus), et, pour la première fois, à quatre défenseures des enfants, qui partagent leurs réflexions sur l’effectivité des droits de l’enfant aujourd’hui en France. A l’aune de l’examen de l’application de la Convention internationale des droits de l’enfant, si chacun livre sa vision et son analyse de la mesure et de son effectivité, tous parviennent à un constat critique : reconnaître des droits ne suffit pas. Un long chemin reste à parcourir, celui de l’effectivité des droits.

En reconnaissant que la France a fait de nombreux progrès depuis vingt-cinq ans, il lui reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour que chaque enfant puisse pleinement accéder à ses droits fondamentaux, en particulier pour les enfants les plus vulnérables. Dans son avant-propos, Jean-Marie Dru, président de l’Unicef France est formel : « La seule réflexion qui doit guider pouvoirs publics comme société civile est finalement bien celle qui conduit à mesurer les écarts entre les droits formels et les droits réels des enfants. »

A la question posée par Christiane Taubira, dans sa préface : « Qui serions-nous si nous avions peur de nos enfants ? »,  Jean-Marie Dru abonde à son tour : «  Qu’allons-nous faire désormais pour qu’aucun enfant ne voie son droit à l’éducation nié, ne souffre du fait de la condition économique ou sociale de ses parents, ne grandisse séparé de sa famille, ne soit discriminé du fait de sa différence ou encore de son handicap ? »

Cet ouvrage est notre contribution critique auprès de l’Onu, qui auditionne la France pour analyser dans quelle mesure notre pays a pris en compte ses recommandations précédentes de juin 2009, pour mieux respecter l’accès aux droits des enfants sur notre territoire. « Ceux fragilisés par la pauvreté, l’exclusion sociale, les discriminations, ces enfants vulnérables trop souvent laissés pour compte, non, ces enfants ne peuvent plus attendre ! » appelle Jean-Marie Dru.

Nul doute que la situation particulièrement alarmante de nombre d’enfants et d’adolescents migrants dans la région du Calaisis et à Grande-Synthe, mais aussi dans les territoires ultramarins, sera au cœur des échanges entre les experts et la délégation française menée par Laurence Rossignol, secrétaire d’Etat en charge notamment de l’enfance et de la famille.

L’Unicef France assistera également à cette audition, dans la continuité de son action de plaidoyer, qui met inlassablement en lumière les zones d’ombre de l’application de la Cide en France et interpelle régulièrement le gouvernement sur les progrès impératifs à réaliser.