Le vaccin français bilié de Calmette Guérin a été injecté à un humain pour la première fois en 1921. Retour sur l’histoire du BCG, qui a sauvé des millions de vie en un siècle.

Au début du XXe siècle, la tuberculose était la première cause de mortalité chez les enfants et la première chez les adultes par maladie infectieuse. Rien qu’en France, elle causait la mort de 100 000 à 200 000 personnes par an. L’arrivée du vaccin bilié de Calmette Guérin (BCG), il y a tout juste 100 ans, a changé l’histoire de la médecine et sauvé des millions de vie.

De tous les vaccins, le BCG est aujourd’hui le plus administré au monde. Sa mise au point a nécessité vingt ans de travaux. Tout commence en 1895. Albert Calmette, un biologiste et médecin français, prend la direction de l’Institut Pasteur de Lille. Deux ans plus tard, il est rejoint par le vétérinaire Camille Guérin.

Immunité liée à des bacilles vivants

Ensemble, à partir de 1900, les deux scientifiques commencent des recherches sur le mécanisme de l’infection par la bactérie Mycobacterium tuberculosis, dite bacille de Koch, responsable de la tuberculose. En 1906, Camille Guérin établit que l’immunité contre la maladie est liée à des bacilles tuberculeux vivants présents dans le sang. Il veut alors vérifier, chez les animaux d’abord, si cette immunité se développe également après une injection de bacilles tuberculeux atténués de bovins.

En 1912, les deux chercheurs récupèrent une souche bovine inoffensive : ce bacille prend le nom de bilié de Calmette Guérin (BCG), en référence à la bile de bœuf utilisée pour en atténuer la virulence. Après la Première Guerre mondiale, ils commencent à tester un vaccin conçu à partir de la souche biliée. Celui-ci est inoculé pour la toute première fois, le 18 juillet 1921, à un nouveau-né dont la mère est morte de la tuberculose. Il est sauvé.

Si le vaccin porte le nom des deux scientifiques, ils refusent de déposer le brevet de leur découverte pour faciliter sa diffusion au plus grand nombre partout dans le monde.

A partir de 1924, en France, puis dans d’autres pays, des campagnes de vaccination massives, parfois obligatoires, sont organisées. Outre le centenaire de sa création, le vaccin BCG fait de nouveau parler de lui en pleine pandémie de Covid-19. Des premiers travaux de recherche ont montré qu’il pourrait contribuer à limiter les formes sévères de la maladie. Mais à ce stade, les experts restent encore, pour le moment, très prudent.