La crise sanitaire oblige à repenser en profondeur le modèle économique et social… pour une meilleure solidarité. Entretien avec Jocelyne Le Roux, présidente de Solimut Mutuelle Centre Océan, et Pascal Guelle, directeur général.

L’assemblée générale de la mutuelle s’est tenue au mois de juin, pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

Jocelyne Le Roux : Notre AG s’est tenue dans un contexte particulier, le confinement venant de se terminer. Nous avons souhaité la maintenir dans nos locaux à Mainvilliers, dans le respect des règles sanitaires et des gestes barrières, en laissant à chaque participant(e) le choix de se rendre sur place ou de participer par visioconférence.

Cela nous a un peu compliqué la tâche, les échanges, pour les personnes en visio, étaient plus difficiles, mais nous avons réussi !

J’ai souhaité rappeler que la crise que nous traversons souligne la nécessité pour notre pays de repenser en profondeur son modèle économique, social et démocratique. Notre mutuelle, au côté de la Fédération des Mutuelles de France, veut faire entendre sa voix et porter cette volonté de changement. Des propositions ont été élaborées lors des groupes de travail et des conférences organisés avec les Mutuelles de France.

Nous sommes également revenus sur les propositions de la Mutualité pour contribuer au Ségur de la santé. Tous ces travaux et ces propositions participent à faire de notre mutuelle une mutuelle militante…

Quelles ont été les actions de solidarité mises en place pendant la crise sanitaire par le Comité d’action sociale ?

J. L. R. : Dès le début, nos conseillers mutualistes se sont mobilisés, en télétravail, pour maintenir le lien avec nos adhérents individuels et collectifs, pour les écouter et si besoin les orienter vers des structures spécialisées. Face à la situation exceptionnelle, le conseil d’administration a doté le Comité d’action sociale d’un budget supplémentaire de 45 000 euros pour permettre le financement d’actions de solidarité sur nos territoires.

Nous souhaitions apporter notre soutien* aux personnels hospitaliers et associations locales en première ligne par l’achat de cafetières et de crèmes hydratantes, de masques, de gel hydroalcoolique. Nous souhaitions également leur offrir un moment de détente par l’organisation de massages bien-être.  Nous avons aussi apporté notre aide, sous la forme d’une cotisation réduite aux soignants de l’Ehpad et du Spasad (Centre de Soins et d’Aide à domicile) des Mutuelles de Bretagne. Par l’intermédiaire du Comité d’action sociale, notre mutuelle poursuit ce travail afin d’apporter son soutien aux acteurs locaux dans la durée face à cette crise sanitaire.

La téléconsultation a connu un vrai développement. Que propose la Mutuelle Solimut Centre Océan dans ce domaine ?

Pascal Guelle : La mutuelle travaillait depuis plusieurs mois, avec le Groupe Solimut, sur un projet de téléconsultation. Les déserts médicaux, les difficultés à se déplacer ou les délais pour obtenir des rendez-vous compliquent l’accès aux soins.

Ce nouveau service est conçu pour y pallier, sans pour autant se substituer au parcours de soins avec le médecin traitant, il est complémentaire. L’épidémie et les besoins nouveaux qu’elle a entraînés nous ont poussés à accélérer les travaux : depuis le 1er juillet, tous nos adhérents ayant des contrats responsables disposent de la téléconsultation. Concrètement, tous les bénéficiaires ont la possibilité d’accéder à un médecin en téléconsultation par visio ou chat, jusqu’à 5 fois par an, et sans aucune facturation ! Il leur suffit de se rendre sur notre site, dans l’onglet « nos services » pour accéder à cet outil après une inscription.

Vous proposez également la téléassistance ?   

P. G. :Le bien-vieillir et le maintien à domicile dans de bonnes conditions est une thématique importante pour la mutuelle. Nous pensons à nos adhérents à mobilité réduite, mais aussi à ceux qui sont aidants de leurs parents, grands-parents ou amis et qui ont besoin d’être rassurés et de savoir leur proche en sécurité. Avec le groupe Solimut, nous avons déployé, depuis le 1er juillet également, une offre de téléassistance. Nos adhérents ou leurs proches peuvent ainsi s’équiper d’un transmetteur (bracelet ou pendentif) et d’un boîtier récepteur que l’on place à un endroit stratégique dans le domicile. En cas de malaise, ou de chute, la personne déclenche l’alerte via le transmetteur. Le boîtier central la met alors en rapport avec un téléopérateur qui évalue la situation et apporte une réponse adaptée (voisin, amis, secours). Nous avons choisi l’opérateur Sérélia pour la qualité de service et d’écoute. La force du Groupe Solimut nous a permis d’obtenir des conditions d’adhésion au dispositif très favorables. La cotisation est en outre éligible à un crédit d’impôt de 50 %.

En quoi consiste l’aide en cas d’hospitalisation de courte durée, dite « assistance ambulatoire » ?

P. G. : Notre assistance, mise en place depuis des années, prévoit, entre autres, une aide à domicile pour des tâches ménagères ou des courses de proximité. Nos adhérents pouvaient y avoir recours pour les hospitalisations d’une durée de 48 heures ou plus. Or, de plus en plus d’opérations importantes ont maintenant lieu en ambulatoire, sans dormir à l’hôpital ou une seule nuit. Il nous a donc paru nécessaire de faire évoluer notre contrat d’assistance pour l’adapter à cette nouvelle donne. Aussi, depuis le 1er avril pour les contrats collectifs, et le 1er juillet pour les contrats individuels bénéficiant de l’assistance, notre garantie couvre l’hospitalisation en ambulatoire. 

Propos recueillis par François Fillon