Edouard Philippe a présenté devant l’Assemblée nationale sa stratégie pour le déconfinement. Elle reposera sur trois grands principes : la prévention, grâce aux masques et aux gestes barrières, les tests, l’isolement strict des malades et le repérage des personnes avec lesquelles ces derniers auraient été en contact.

Edouard Philippe l’a rappelé : le confinement était une étape nécessaire. Mais s’il devait se prolonger, il deviendrait délétère. Le confinement a été efficace pour freiner l’épidémie et éviter que les services de réanimation des hôpitaux ne débordent. Depuis le 14 avril, le nombre de patients hospitalisés est passé de 32 000 à 28 000 et le nombre de patients en réanimation de 7 100 à 4 600. Si ces chiffres sont encore élevés, la décrue est lente mais régulière. Selon une étude de l’Ecole des hautes études en santé publique, le confinement aurait permis d’éviter 62 000 décès en un mois. Sans cette mesure, 105 000 lits de réanimation auraient manqué. Mais selon le Premier ministre : « Le confinement prolongé au-delà du strict nécessaire aurait pour la nation des conséquences gravissimes », amenant un risque « d’écroulement » de notre pays. Il faut donc désormais procéder à ce déconfinement « attendu mais redouté ».

La stratégie nationale est définie à partir de trois constats :

  • il faudra vivre avec le virus, puisqu’il n’existe à ce jour ni traitement, ni vaccin et que l’immunité de groupe est loin d’être atteinte. Le virus va donc continuer à circuler dans la population.
  • Il existe un risque de voir repartir l’épidémie car, si le confinement a permis de freiner la circulation du virus et de ne pas submerger les services de réanimation, si les services hospitaliers ont tenu au prix d’une grande fatigue des personnels, le risque d’une seconde vague qui viendrait ruiner tous les sacrifices imposés est bien présent. Il faudra donc avancer « progressivement et avec prudence ».
  • La situation n’est pas la même selon les régions : la circulation du virus n’est pas uniforme dans le pays. Dans certains départements, il est presque totalement absent, dans d’autres la situation est toujours compliquée. Ce sera donc aux autorités locales, maires et préfets, d’adapter la stratégie nationale à leurs territoires.

La stratégie nationale reposera sur trois principes

  • Protéger : c’est-à-dire continuer à effectuer les gestes barrières et de distanciation sociale, des lavage rigoureux des mains et à porter des masques. Edouard Philippe a reconnu que, sur cette dernière question, les messages avaient été confus, contradictoires et que les avis des scientifiques avaient varié. Désormais le port du masque sera recommandé ou obligatoire dans certaines situations (voir lien). En provenance des commandes de l’Etat, 100 millions de masques chirurgicaux seront disponibles par semaine et 20 millions de masques lavables à partir du mois de mai, auxquels viendront s’ajouter les contingents des collectivités locales, des entreprises privées et ceux relevant de l’initiative privée. Les entreprises devront équiper leurs salariés. Les Tpe seront aidées pour le faire. Les fonctionnaires en lien avec le public et les enseignants en seront aussi pourvus. 5 millions de masques lavables seront destinés aux plus précaires et distribués par le biais des Ccas et des associations
  • Tester : 700 000 tests virologiques seront disponibles par semaine à partir du 11 mai. Ils seront remboursés par l’Assurance maladie. Ils devraient permettre de tester les nouvelles personnes contaminées et estimées entre 1 000 et 3 000 par jour et les personnes contacts (environ 25 pour une personne). Les médecins généralistes, les infirmiers mais aussi les équipes de l’assurance-maladie ou des Ccas seront mobilisées pour retrouver la trace des cas contacts.
  • Isoler : une fois repérés, les malades devront être isolés soit à leur domicile (dans ce cas tous les membres de la famille devront être confinés) ou dans des chambres d’hôtels réquisitionnés. Le Premier ministre en appelle à la responsabilité citoyenne, mais n’exclut pas des contrôles. L’application Stop Covid, qui permet un traçage numérique, pourrait être utilisée après un vote à l’Assemblée nationale et sur la base du volontariat. A ce jour, elle n’est pas prête. Edouard Philippe a noté que son usage pourrait entraîner de nombreuses interrogations, y compris au sein de sa majorité, en particulier sur la question des libertés publiques.

Enfin, Edouard Philippe a mis en garde les Français. Si le 7 mai, les indicateurs de santé, département par département, n’étaient pas bons, le gouvernement en tirerait les conséquences : à savoir, le déconfinement pourrait être remis en cause ou envisagé avec plus de sévérité.

Concrètement qu’est ce qui change le 11 mai ?