Avec 2,5 millions de personnes en burnout et 33 % de salariés suivis médicalement pour dépression, l’état des lieux de la santé mentale au travail reste extrêmement préoccupant après 18 mois de crise sanitaire. Déménagements, projets de réorientation, les prises de décisions sont aujourd’hui effectives et des vagues de démissions devraient arriver si les entreprises ne mettent pas d’action concrètes en place…

38 % des salariés français sont en situation de détresse psychologique. Dévoilé le 20 octobre 2021 par l’institut de sondage OpinionWay pour Empreinte Humaine, cabinet de conseil spécialisé dans la qualité de vie au travail, ce sondage alarmant affiche pourtant une diminution par rapport à l’étude précédente parue au printemps dernier (44 %). Mais tous les indicateurs de la santé mentale au travail restent inquiétants après 18 mois de crise sanitaire : le nombre de burnout ne cesse d’augmenter et plafonne aujourd’hui à 2,5 millions de cas recensés et 33 % de salariés prennent un traitement médicamenteux pour dépression… « Les situations de stress liées au travail ne datent pas de l’apparition de la Covid. Mais la pandémie a agi comme un détonateur pour bon nombre de personnes qui ne peuvent plus continuer à prendre sur eux, notamment sur la question de l’équilibre entre la vie professionnelle et personnelle », explique Christophe Nguyen, psychologue du travail et président d’Empreinte Humaine. 

Déménagement et recherche d’un nouvel emploi

Cet état de détresse psychologique a amené bon nombre de Français à prendre des mesures effectives : près de 20 % des salariés ont ainsi déménagé depuis le début de la crise et 16 % ont quitté leur entreprise par choix. « Il faut s’attendre à d’importantes vagues de démissions dans les prochains mois qui pourraient entraîner des pénuries de recrutement dans certains secteurs comme celles actuellement rencontrées dans la restauration, et de lourdes pertes pour les entreprises», prévient Christophe Nguyen en précisant que 31 % des personnes interrogées ont annoncé qu’elles rechercheraient activement un emploi après la crise. 

« Il faut s’attendre à d’importantes vagues de démissions dans les prochains mois qui pourraient entraîner des pénuries de recrutement dans certains secteurs », Christophe Nguyen, psychologue du travail et président d’Empreinte Humaine. 

Le bien être au travail questionné lors des entretiens d’embauche

L’étude révèle toutefois que lorsque les entreprises s’emparent pleinement de la question et mettent en place un dispositif de prévention, ces actions ont un impact positif sur la santé psychologique des salariés et renforce leur fidélité envers les organisations. « Aujourd’hui, 36 % des comités de direction ont montré qu’il se préoccupaient des risques psychosociaux dans leur société », ajoute le président d’Empreinte Humaine. Par ailleurs, les Français n’hésitent plus à faire valoir leurs revendications lors des entretiens d’embauche. Prise en considération de leur vie de famille, rituels d’équipe, ambiance au travail, leurs questions témoignent d’un nouveau rapport de force, avec une exigence prééminente des salariés donnée à la qualité de vie au travail.

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