De nombreuses études sont en cours pour lutter contre l’épidémie de Covid-19. Deux d’entre elles portent sur le microbiote intestinal dont on connaît le lien avec le système immunitaire, avec pour question principale : une faible diversité du microbiote est-elle un facteur de risque de développer une forme grave du Covid-19 ?

Quel rôle joue notre microbiote intestinal dans la survenue du Covid-19 et principalement dans une forme grave ? Deux études se sont penchées sur la question et tendent à prouver que les patients dont la flore est déséquilibrée ont plus de risques de développer une forme grave de Covid-19.

Troubles gastro-intestinaux fréquents dans le Covid-19

Diarrhées, douleurs abdominales, vomissements, nausées sont des troubles fréquemment observés dans l’infection Covid-19. Parfois même, ils précèdent l’apparition de symptômes respiratoires. C’est l’observation des Chinois sur la moitié des malades du Covid-19. Ils ont remarqué que les troubles digestifs allaient crescendo au fur et à mesure que l’infection progressait. Et selon les Américains, un tiers des patients se plaignait de troubles gastros intestinaux et la durée de leurs symptômes infectieux était sensiblement plus longue que celles des autres patients. Les chercheurs se sont donc interrogés sur la relation qui pourrait exister entre le microbiote intestinal et le Covid-19.

les patients dont la flore intestinale est déséquilibrée ont plus de risques de développer une forme grave de Covid-19.

Microbiote déséquilibré

Le microbiote intestinal ou flore intestinale, contient des milliards de bactéries qui participent à notre bonne digestion, dégradent certains déchets toxiques, contribuent à renforcer notre système immunitaire et nous protègent contre de nombreux agents pathogènes. Le déséquilibre de ce milieu pourrait favoriser la survenue de pathologies comme la maladie de Crohn, voire le diabète ou l’obésité. Or, d’après Harry Sokol, gastro-entérologue à l’hôpital Saint-Antoine, qui a lancé une étude le 20 avril, à l’AP-HP appelée CoviBiome, les patients diabétiques ou obèses dont la maladie chronique est un facteur de risque de forme grave de Covid-19, présentent souvent un « microbiote altéré ».

« La dysbiose pourrait favoriser l’apparition de l’orage de cytokine qui est à l’origine de nombreux décès de patients. Au contraire la variété du microbiote intestinal aiderait à modérer la réaction inflammatoire de l’organisme », explique le gastro-entérologue.

Études à confirmer

Il faut continuer à étudier ce phénomène par la constitution de banques de selles prélevées sur des patients Covid. C’est tout l’enjeu de l’étude CoviBiome. Elle consiste à prélever et étudier les selles de 300 patients pour détecter si la présence ou l’absence de certaines bactéries peuvent être utilisées comme facteur de pronostic dans l’évolution de la maladie.

Une autre étude est en cours menée par la Professeure Alessandra Cervino, fondatrice de Luxia scientific, en partenariat avec l’Institut de Recherche Médical de la Clinique Saint-Jean l’Ermitage à Melun.

Des utilisations thérapeutiques sous forme de transplantation fécale pourraient également être envisagées afin d’évaluer les bénéfices que pourraient en retirer les patients. Des résultats sont attendus en début d’été.