L’espérance de vie en bonne santé stagne, en France

Couple de seniors regardant au loin
En 2022, l'espérance de vie sans incapacité à 65 ans a reculé de 0,8 ans chez les femmes et de 1,1 an chez les hommes, en France. ©123RF

Les derniers chiffres sur l’espérance de vie sans incapacité, c’est-à-dire en bonne santé, viennent d’être publiés. A 65 ans, elle s’élevait en 2022 à 11,8 ans pour les femmes et 10,2 ans pour les hommes. Un léger recul par rapport à 2021, après des années de hausse. Explications.

On vit de plus en plus vieux en France, mais pas forcément en bonne santé. L’espérance de vie sans incapacité (EVSI) ou espérance de vie en bonne santé tend à stagner, en 2022. D’après la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) qui vient de publier une étude, il y aurait un « effet Covid-19 ».



L’espérance de vie sans incapacité correspond au nombre d’années durant lesquelles une personne vit sans être limitée dans son quotidien par un problème de santé. Cet indicateur à 65 ans est particulièrement révélateur, s’agissant de l’état de santé des jeunes retraités.

DREES


L’EVSI stagne

Il n’y a pas de quoi s’alarmer, cependant il faut quand même souligner cette stagnation de l’EVSI en 2022. D’autant que la tendance était à la hausse depuis 2008, avec une progression de 9 mois pour les femmes et de 1 an et 1 mois pour les hommes.

En 2021, selon la DREES, « la position de la France au sein de l’Union européenne à 27 pour l’espérance de vie sans incapacité (EVSI) des hommes à 65 ans était la quatrième, surpassant la moyenne de l’UE de 1 an et 10 mois. Concernant les femmes, elle se classait troisième, affichant un indicateur supérieur de 2 ans et 8 mois par rapport à la moyenne européenne. »

En 2022, une femme de 65 ans peut espérer vivre encore 11,8 ans sans incapacité (18,3 ans sans incapacité forte), quand un homme peut vivre encore 10,2 ans sans incapacité (15,5 ans sans incapacité forte).

La pandémie en cause ?


Les chercheurs pointent la pandémie de Covid-19, dans cette stagnation. En effet, cette dernière a eu une incidence forte sur l’évolution des espérances de vie et des espérances de vie sans incapacité. En 2020, les premières ont baissé, alors que les secondes stagnaient. En 2021 et 2022, les espérances de vie augmentent à nouveau légèrement, sans revenir à leur niveau d’avant l’épidémie de Covid-19.

Toutefois, les chercheurs de la DREES tempèrent : « il est plus pertinent de dégager des tendances d’évolution sur plusieurs années, ce qui permet d’être moins influencé par les fluctuations parfois brutales d’une année sur l’autre. » En clair, il faudra donc attendre d’autres chiffres pour voir si la tendance se confirme dans les années à venir.

D’autres données sur l’espérance de vie sur le site de l’INSEE.