Comment bien s’alimenter tout au long de la vie, et surtout quand nous sommes en situation de fragilité ? La question est au centre de la Semaine nationale de la dénutrition, qui a lieu jusqu’au 20 novembre.

Ce sont des chiffres qui font froid dans le dos : en France, deux millions de personnes souffrent de dénutrition dont 670 000 personnes âgées, que ce soit chez elles ou en établissement. Un enfant hospitalisé sur dix est dénutri, et 50 % d’entre eux ont moins de 3 ans.

Mais la dénutrition peut aussi toucher un malade traité pour un cancer qui ne mange pas à cause des nausées, un autre hospitalisé en réanimation, un patient atteint de Covid-long, un enfant souffrant de mucoviscidose qui perd l’appétit…

Et les conséquences peuvent être graves : des infections à répétitions, des risques de chute, la fonte de la masse musculaire (surtout chez les sujets âgés), un retentissement sur le moral, les relations, voire même la mort dans certains cas (quand la perte de masse protéique excède 50 %).

Le médecin traitant est un interlocuteur privilégié pour parler de dénutrition.

Le plaisir de manger

Comment lutter contre ce phénomène souvent aggravé par la solitude ou l’isolement social ? Les nutritionnistes s’accordent à dire que les repas doivent être un moment de plaisir et de convivialité. Trois par jour sont nécessaires et pourquoi pas un goûter.

Aider à la préparation des repas pour donner le goût de manger. ©123RF

Pour que ces instants soient agréables, on peut proposer à la personne fragilisée d’aider à la préparation (éplucher les légumes par exemple…), accorder une attention particulière à la décoration de la table, à la façon dont les plats sont présentés… Pour éviter la routine, une bonne idée est de rehausser le goût des plats avec épices, aromates, condiments… Si le repas est conditionné (portage à domicile en barquette), présenter le contenu dans une assiette, un bol ou un ramequin est plus appétissant !

Les mutuelles engagées contre la dénutrition

Les mutuelles sont mobilisées sur cette question de santé publique et mènent des actions d’information et de sensibilisation auprès de la population.

 « La dénutrition est un phénomène d’ampleur en France. Elle est un facteur d’accélération de la perte d’autonomie des personnes âgées. »

Eric Chenut, nouveau président de la Mutualité Française.