Avec la crise sanitaire, nos villes ont été obligées de s’adapter. De bonnes habitudes ont été prises qui nous permettront probablement de vivre mieux et en meilleure santé demain estime Yannick Nadesan, président du réseau français des villes santé de l’OMS.

  • Cette crise sanitaire va-t-elle changer nos villes ?

Avec le couvre- feu, le télétravail et la distanciation sociale, la crise accélère des initiatives qui existaient mais programmées sur la durée comme la création de pistes cyclables qui, partout, s’est intensifié. Elle nous prouve aussi -et c’est une petite révolution- que nous pouvons penser la ville non pas seulement comme un ensemble programmé et immuable mais de manière « éphémère » : terrasses provisoires sur la chaussée, pistes cyclables réaménageables en fonction des besoins ; un pragmatisme qui permet de tester des choses, voir si ça marche, -alors on continue-, ou pas… C’est une culture que nous n’avions pas. Il s’agit donc d’une opportunité pour ce type d’innovation.  L’alimentation va aussi devenir un sujet central dans les prochaines années avec la nécessité d’un approvisionnement plus local et la création d’espaces de production aux portes des villes. Ces dernières ont trop longtemps « méprisée » la campagne. 

Les villes vont développer aussi plus d’espaces verts

La question des parcs qui était déjà affirmée va se renforcer. Il faut partout des espaces de respiration et de déambulation. Mais il faut aussi parler du social. Le confinement a mis en lumière les profondes inégalités de cadres de vie entre Français. Il les a aggravées. La ville peut être une formidable machine à exclure. 10 millions de Français vivent en dessous du seuil de pauvreté, 90 % des villes petites et moyennes perdent leurs services publics. Pour répondre à ces inégalités, pour recréer de l’inclusion, il faut de la régulation.  

C’est ce que vous tentez de faire avec le réseau ville santé.

Le réseau ville santé a été créé pour développer une ville écologique et sociale, deux sujets qui ont d’énormes conséquences sur la santé et même l’espérance de vie. Rennes et Grenoble ont été pionnières en créant un « bureau des temps » destiné à accroitre et coordonner les horaires des services publics. Les villes du réseau travaillent aussi sur l’implantation de l’offre de soins, la limitation de la pollution de l’air ou par les pesticides et le développement de la pratique sportive.