Contre le « blues de l’hiver », la luminothérapie permettrait de réduire les troubles dépressifs, selon plusieurs études récentes.

« J’appréhende les mois d’hiver quand les journées raccourcissent. Je me réveille fatiguée le matin, je n’ai pas le moral et j’ai une furieuse envie de grignoter toute la journée ». Estelle n’est pas la seule à se sentir déprimée en cette saison. Mais, des solutions existent pour combattre ce que les spécialistes appellent la dépression saisonnière.

Combler le déficit de lumière

Si, vous vous sentez fatigué, triste sans énergie, en plein hiver, vous souffrez peut-être de dépression saisonnière. Avant toute chose, il est important d’aller consulter un médecin qui vous examinera pour bien connaître vos antécédents médicaux. En partant de votre histoire personnelle, il s’assurera que vous ne souffrez pas d’une autre affection. En effet, certains symptômes peuvent laisser penser faussement à la dépression saisonnière, comme l’hypoactivité de la thyroïde, l’hypoglycémie, certaines maladies virales chroniques ou le syndrome de fatigue chronique. Une fois le diagnostic posé, le médecin vous proposera un traitement. Le principe de base de la luminothérapie, ou photothérapie, est de combler le déficit de lumière et d’aider la personne à atteindre un état d’esprit plus énergique, plus gai, comme pendant l’été.

Comment se déroule les séances ?

Les séances durent environ une demi-heure, à une fréquence d’une fois par semaine. Elles ont lieu de préférence le matin. Vous vous placez à 60 centimètres d’une lampe qui diffuse de la lumière blanche, équipée d’un filtre anti-UV d’une intensité d’environ 10 000 lux. Il n’est pas nécessaire de regarder fixement la lampe. Il suffit d’être en face, les yeux ouverts, pour obtenir un effet thérapeutique. La cure peut être plus ou moins longue en fonction des besoins.

Lors de l’exposition à cette lumière, la rétine, via les neurotransmetteurs, inhibe la mélatonine, une hormone normalement sécrétée le soir avant de s’endormir et que nous produisons davantage en hiver lorsque la luminosité baisse. L’exposition prolongée et quotidienne à la lumière de la lampe aide à faire le plein d’énergie, à chasser le stress.

La luminothérapie est aussi recommandée pour les personnes souffrant de troubles du sommeil, de jet-lag (syndrome du décalage horaire), ou encore à celles travaillant la nuit. Elle est utilisée aussi par les médecins, dans les cas de démence chez les personnes âgées ou en psychiatrie.
Elle se pratique alors en hôpital ou dans des centres spécialisés. Si vous n’observez aucune amélioration de votre état au bout de quelques semaines de cure chez vous, mieux vaut consulter votre généraliste. Un coup de blues qui dure peut parfois masquer un problème plus sérieux.

A la consultation de luminothérapie de l’hôpital Sainte-Anne, on vous proposera une cure de 14 jours. Après, vous ferez le point avec un médecin qui vous prescrira d’autres séances si vous en avez besoin.

L’association entre médicament et luminothérapie a même permis la rémission, c’est-à-dire la disparition des symptômes, pour 59 % des patients testés (contre près de 44 % pour la seule luminothérapie et moins de 20 % pour le seul médicament).

Pour les personnes qui souffrent de problèmes oculaires, il est prudent de consulter un ophtalmologiste avant d’effectuer les séances. Vous pouvez aussi pratiquer la luminothérapie chez vous à l’aide de lampes spécifiques. Mais attention, c’est le médecin qui vous orientera pour la location ou l’achat d’une lampe.

Consultation de photothérapie à l’hôpital Sainte-Anne : 0145 65 88 15.

Quel lampe choisir ?

• La lampe doit comporter la norme CE médical 93/42/CEE qui vous garantit notamment qu’elle répond aux exigences de sécurité et d’information du consommateur.
• Assurez-vous qu’elle n’émet pas d’UV nocifs pour la peau.
• Choisissez une lampe de 10 000 lux. A noter : plus vous vous
tenez éloigné de l’appareil, moins vous recevez de lumière. Certains fabricants sérieux signalent donc que l’on reçoit 10 000 lux à 30 centimètres et seulement 5 000 lux à 45 centimètres.
• Prix : entre 85 et 300 euros, selon la taille et la forme de l’appareil.