Pour sensibiliser les Français sur le don d’organes et de tissus, l’agence de biomédecine lance une nouvelle campagne digitale inédite.   

La journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe et de reconnaissance aux donneurs se tient tous les ans le 22 juin. Pour cette 19e édition, l’agence de la biomédecine lance une nouvelle campagne d’information, digitale pour la première fois. Objectif : faire connaître la loi sur le don d’organes et de tissus, notamment auprès des personnes indécises et sur les plus jeunes. Déjà, d’année en année, le niveau de connaissance global augmente : en 2018, 24% des Français déclarent spontanément que la loi sur le don d’organes et de tissus est fondée sur le consentement présumé, contre 7% en 2015. Depuis cette date, le nombre de personnes favorables à ces dons est en augmentation. 8 personnes sur 10 le sont aujourd’hui.

Donneur présumé

Justement que dit la loi ? Depuis 1976, tout citoyen français est donneur présumé, à moins que l’on ait exprimé son refus de son vivant. Depuis le 1er janvier 2017, un nouveau décret précise les modalités de refus de dons d’organes ou de tissus et les simplifient avec un site internet. Ce décret a par ailleurs introduit la possibilité du refus partiel de don d’un ou de certains organes. En résumé, la loi stipule que nous sommes tous des donneurs (et aussi des receveurs) potentiels. Pas besoin d’une carte de donneurs. D’ailleurs, elle n’a pas de valeur légale, et qui en outre est rarement retrouvée sur la personne concernée.

En cas de décès, et quand les organes et des tissus peuvent être prélevés pour être transplantés, le personnel médical vérifie si la personne est inscrite sur la liste des refus. Si ce n’est pas le cas, il s’enquiert alors auprès des proches pour connaître la volonté de la personne.

Plus de 5 000 greffes par an

Grâce au don, chaque année, plus de 5 000 greffes d’organes et autant de cornées sont réalisées en France. Surtout, ce sont des vies sauvées, des patients soignés, des personnes qui recouvrent la vue. « L’objectif est d’atteindre 7 000 greffes d’ici 2021 », explique le Professeur Olivier Bastien, Directeur prélèvement greffe d’organes-tissus à l’Agence de biomédecine. « Le meilleur moyen pour cela est d’accroître le nombre de donneurs vivants d’organes», précise-t-il. Cela concerne en particulier les dons de reins. D’où l’importance des campagnes d’information, qui se présentent notamment comme des opportunités pour discuter avec ses proches de ce sujet délicat.

Seconde vie

Aujourd’hui 63 000 personnes vivent avec une greffe en France. « Pour les receveurs, cela représente une deuxième vie qui commence », souligne le professeur. Stéphane Devoret, atteint de mucoviscidose a reçu en 2013 une greffe bi-pulmonaire, après 11 mois d’attente. « Avant la greffe, je ne pouvais faire le moindre geste. Me brosser les dents ou marcher un mètre m’était devenu impossible », se rappelle-t-il. Son pronostic vital était alors engagé. Et puis il y a eu cet appel téléphonique au milieu de cette nuit de novembre. Un greffon était disponible. Après 12 heures d’intervention, le « travail formidable » de toute une chaîne d’acteurs, trois mois d’hospitalisation suivi de semaines rééducation, il a pu retrouver un nouveau souffle et entamer une nouvelle vie, avec un rêve : celui de courir. A force de travail et d’entraînement, il a réussi. Sa première foulée « j’avais quarante ans, je me suis mis à courir pour éviter une petite pluie de peur de tomber malade ». Depuis, il effectue des marathons ! « La greffe ça marche, ça court même », glisse-t-il.

Pour que les Français sachent que nous sommes tous des donneurs potentiels, l’agence de la biomédecine invite tout un chacun à participer à sa nouvelle campagne. Comment ? En partageant avec ses proches, par Sms et sur les réseaux sociaux, le hastag #TousDonneurs, accompagné d’un visuel représentant un coeur emballé, signe de don et de générosité. A vos claviers.