Allergie : maintien du remboursement de la désensibilisation

 

La prise en charge de la désensibilisation était sur la sellette. La Haute autorité de santé (HAS) a en effet estimé dans un rapport que son efficacité était « faible et mal démontrée ». À la suite de cet avis recommandant de diminuer le remboursement des traitements de désensibilisation, l’ensemble de la communauté allergologique s’est mobilisée contre une décision « qui aurait constitué un recul  dans l’accès aux soins ». Et le gouvernement vient de rendre une décision favorable avec le décret paru au Journal officiel* le mercredi 6 juin, qui va permettre aux patients allergiques de continuer à bénéficier d’un traitement adapté à leur pathologie.

Le décret modifiant les conditions de remboursement des “allergènes préparés spécialement pour un seul individu” (APSI), pris par la ministre des Solidarités et de la Santé, indique que le remboursement des APSI sous forme de gouttes sublinguales, passe de 65% à 30%.

Ces traitements continuent donc à être pris en charge par la Sécurité sociale et par les complémentaires santé. Le décret prévoit néanmoins le déremboursement total des traitements de désensibilisation par voie injectable, moins utilisés en France. « La désensibilisation par voie injectable est indispensable pour certains patients, qui ne tolèrent pas les autres types de désensibilisation. Pour cette catégorie d’allergiques, le déremboursement total du traitement signifie le retrait de l’accès à leur unique mode de soin”, alerte Isabelle Bossé, présidente du Syndicat français des allergologues.

Les professionnels restent donc vigilants et dans un communiqué, expliquent qu’ils «  entendent poursuivre leur mobilisation pour prévenir tout risque à l’avenir d’un déremboursement des seuls traitements adaptés aux patients souffrant d’allergies sévères ».

Aujourd’hui, c’est 300 000 patients allergiques qui suivent un traitement de désensibilisation.

*JORF n°0128 du 6 juin 2018, texte n° 34 : Décret n° 2018-445 du 4 juin 2018 modifiant les conditions de prise en charge par l’assurance maladie des allergènes préparés spécialement pour un seul individu.

Les conditions de remboursement par l’Assurance-maladie des allergènes préparés spécialement pour un seul individu (APSI), traitement de désensibilisation des allergies, ont été modifiées à la suite d’un décret paru au journal officiel du 6 juin et entré en vigueur ce jour.

Ainsi, le remboursement des APSI passe de 65 à 25-30 % pour les gouttes sublinguales. Quant aux allergènes injectables par voie sous-cutanée, ils ne sont plus remboursés.

En mars, la HAS recommandait de diminuer le remboursement des APSI, estimant notamment que « les données disponibles montrent une efficacité des APSI faible et mal démontrée ». Les professionnels de santé et les associations de patients étaient alors montés au créneau.

Malgré ces changements de prise en charge, l’Association française pour la prévention des allergies, l’Association nationale de formation continue en allergologie, Asthme & Allergies, la Fédération française d’allergologie, la Société française d’allergologie et le Syndicat français des allergologues (SYFAL) estiment aujourd’hui que « la décision du gouvernement permet aux allergiques de continuer à bénéficier d’un traitement adapté à leur pathologie ». « Notre appel pour un maintien de l’accès aux soins a heureusement été entendu par la ministre », estime Isabelle Bossé, la présidente du SYFAL.

Elle déplore toutefois le déremboursement des traitements injectables : « Nous sommes déterminés à démontrer au gouvernement le caractère indispensable de l’ensemble des traitements de désensibilisation. »