Agnès Buzyn, ministre de la Santé, a précisé dans une conférence de presse la mise en œuvre des 11 vaccins obligatoires depuis le 1er janvier 2018.

La vaccination contre 11 maladies est obligatoire pour les enfants de moins de deux ans nés à partir du 1er janvier 2018. A cette date, les obligations vaccinales pour les jeunes enfants passent donc de 3 – diphtérie, tétanos, poliomyélite- à 11 vaccins avec la coqueluche, le Ror (rougeole, oreillons, rubéole), l’haemophilus à influenzae de type B, l’hépatite B, le pneumocoque et le méningocoque C.

En France, une très grande partie des enfants (environ 70 %) sont déjà vaccinés car les 11 vaccins sont recommandés. Néanmoins, la couverture vaccinale est insuffisante. Or, a rappelé la ministre, pour que la vaccination constitue une protection collective efficace contre les maladies infectieuses, l’Oms estime que la couverture vaccinale de la population doit atteindre 95 % pour la plupart de ces maladies. Face à la recrudescence de certaines maladies telles que la rougeole ou la méningite dont les conséquences peuvent être lourdes voire mortelles, Agnès Buzyn a fait de l’amélioration de la couverture vaccinale une priorité de santé publique.

En pratique

10 injections suffisent pour effectuer les 11 vaccinations obligatoires, qui peuvent s’effectuer en six rendez-vous, rappels compris, entre la naissance de l’enfant et ses 18 mois. Comme pour les trois précédents vaccins obligatoires, ces 11 vaccinations conditionneront l’entrée des jeunes enfants en collectivités : crèches, haltes garderie, assistants maternels, écoles ou encore colonies de vacances. Elles seront vérifiées à partir du 1er juin 2018. Les familles ne se pliant pas à l’obligation ne seront pas sanctionnées mais les enfants ne pourront être admis en collectivité. Le calendrier vaccinal 2018 et le décret sur l’entrée en collectivité seront prochainement publiés.

Une campagne d’information

Pour permettre à tous les professionnels de santé et de la petite enfance de remplir pleinement leur rôle auprès des parents, de nombreux outils d’information à vocation pédagogique leur seront proposés : vidéos, infographies, brochures… Enfin, le site Vaccination Info service, site de référence sur la vaccination, comportera d’ici au  printemps 2018 une partie dédiée aux profesionnels de santé. L’objectif assumé de la ministre est de « redonner confiance aux Français sur la vaccination et en finir avec les fausses informations ».

« Le principe de la vaccination est à la fois d’assurer la protection de chacun et de tous : on se vaccine pour soi-même mais aussi pour protéger ses parents, ses enfants, ses proches et ceux qui ne peuvent pas être vaccinés, soit parce qu’ils sont malades, soit parce qu’ils sont trop jeunes.  C’est pourquoi une politique vaccinale, pour être efficace, doit toucher le plus grand nombre. ».  Elle ajoute : « Se vacciner, c’est la solidarité. »

Le coût de ce plan de vaccination devrait être de l’ordre de 15 millions d’euros. Le Ror sera pris en charge à 100 % par l’assurance-maladie, les autres vaccins seront couverts par les mutuelles :  « A terme, l’économie sera réelle. En 2000, dans la région de Grenoble, une forte épidémie de rougeole a entraîné de nombreuses hospitalisations pour un coût de 1,5 millions d’euros, quand la vaccination aurait représenté seulement 7 000 euros de dépenses publiques. »

Dans un second temps, Agnès Buzyn devrait s’attaquer à promouvoir le vaccin contre le papillomavirus prévenant, entre autres, le cancer du col de l’utérus : « En Australie, où il a été largement diffusé, les cancers ont baissé de près de 60 %. Toutes les enquêtes internationales prouvent aujourd’hui l’innocuité de ce vaccin. »