Le député France insoumise de la 1re circonscription du Nord a répondu à l’invitation de la Mutualité française Hauts-de-France, en se rendant au centre dentaire mutualiste de Loos. L’occasion d’interroger les mutualistes sur les grands dossiers de l’actualité santé.

Soucieuse de participer au débat régional sur la santé et la protection sociale, la Mutualité française Hauts-de-France donne rendez-vous régulièrement aux élus de la République. Ce lundi 14 janvier, c’est le centre dentaire mutualiste de Loos qui est mis à l’honneur. Adrien Quatennens est attendu pour la visite, en présence de Carole Moreira, présidente de la Smh, Béatrice Torrez, vice-présidente, Eric Andro, directeur, Francis Formaglio et Jean-Philippe Guislain, président et directeur de la Mutualité française Hauts-de-France.

Guidé par Laurence Maerten, coordonnatrice de soins dentaires, le député découvre l’équipement des salles ouvertes en 2000 et rénovées en 2012 : radio panoramique, stérilisation, soins et orthodontie. Le tout, géré par la Mdgoss, est prévu pour favoriser l’accès à des soins de qualité avec un reste à charge maîtrisé. « Nous travaillons d’arrache-pied avec les Ccas pour accueillir aussi les personnes en situation précaire et lutter ainsi contre le renoncement aux soins. Nous n’avons pas attendu les effets d’annonce gouvernementaux sur le reste à charge zéro. » Le ton est donné par Carole Moreira. Le député n’est pas venu faire des discours mais écouter les acteurs de la santé solidaire en région.

Tiers payant, dépendance et handicap, dépassement d’honoraires ou désertification médicale, tels sont les sujets qui ont été abordés durant près de deux heures.
Interrogés par le député sur les points de vigilance les plus urgents, les mutualistes citent d’une même voix le dossier de la dépendance. Francis Formaglio le rappelle : « La France compte aujourd’hui 2,15 millions de personnes de plus de 85 ans. Elles seront près de 4 millions en 2040. Pour réussir l’adaptation de la société au vieillissement, la Mutualité française a développé 21 pistes d’actions basées sur la liberté de choix, la préservation du capital autonomie, la qualité de vie, la reconnaissance des aidants et un financement de la perte d’autonomie reposant sur un socle renforcé de solidarité. »

Egalement évoqués le taux croissant de renoncement aux soins, l’envolée des dépassements d’honoraires de certains praticiens, les taxes imposées aux mutuelles, l’urgence de restaurer l’hôpital dans sa mission de service public, l’exclusion de certaines catégories de personnes des dispositifs depuis la mise en place de l’Ani et le risque avéré de la voir se transformer en exclusion sociale.

La place de la Sécurité sociale a fait l’objet de longs échanges et tous ont été unanimes : il faut retrouver une Sécurité sociale de haut niveau, pour que les mutuelles retrouvent leur place d’acteurs de la prévention et d’accès aux soins. Pour Adrien Quatennens : « Il y a urgence à recréer un système qui renoue avec les grandes trajectoires historiques, basé sur un principe d’égalité et de solidarité. Issue du Conseil national de la Résistance, la Sécurité sociale n’a cessé d’être dévoyée par des politiques de privatisation et de libéralisation. ».

Marie-Hélène Olla