
Pour Philippe-Karim Felissi, avocat et conseiller à la revendication de la Fédération nationale des accidentés du travail et des handicapés (Fnath), la loi du 25 juin 2026 sur la fraude sociale et fiscale stigmatise les usagers en leur faisant porter, à tort, la responsabilité de l’augmentation des arrêts maladie.
La nouvelle loi sur la « fraude sociale et fiscale » durcit les règles encadrant les arrêts de travail. Quelles en sont les principales dispositions ?
Philippe-Karim Felissi : Désormais, un arrêt maladie ne pourra être renouvelé qu’une seule fois dans le cadre d’une téléconsultation, sauf si la prolongation émane du médecin traitant, ou en cas d’impossibilité de consulter en présentiel. L’employeur pourra faire procéder à une contre-visite médicale et interrompre le maintien du salaire en cas de fraude constatée. Par ailleurs, la durée des arrêts maladies a été plafonnée par la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour l’année 2026. La première fois que vous vous rendez chez le médecin généraliste, il ne peut vous prescrire, au maximum, que 31 jours d’arrêt, et le renouvellement ne peut excéder 62 jours, sauf motivation
du médecin.
Cette réforme a été précédée d’une campagne officielle contre l’« abus d’arrêts maladie » que la Fnath a dénoncée. Que dire de cette stigmatisation des malades ?
P.-K. F. : Le ressort principal est toujours identique : la culpabilisation des assurés sociaux, présentés au mieux comme irresponsables, au pire comme profiteurs et fraudeurs. Les éléments de langage sont les mêmes que ceux employés pour justifier les franchises médicales. Depuis plus d’une quinzaine d’années, on explique l’augmentation des dépenses de santé par les comportements individuels plutôt que par les déserts médicaux, par le vieillissement de la population, ou par l’explosion des maladies chroniques et professionnelles. Enfin, on fait porter les coûts sur le malade en épargnant les lobbies.
Quelle est la réalité des arrêts maladie aujourd’hui ?
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