Accueil Santé Maladies cardiovasculaires : première cause de mortalité chez les femmes

Maladies cardiovasculaires : première cause de mortalité chez les femmes

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Les affections cardiaques ne sont plus réservées aux hommes. En trente ans, elles sont devenues un danger de premier plan pour les femmes, avec environ 200 décès par jour en France, constate amèrement la professeure Claire Mounier-Véhier, cardiologue et cofondatrice d’Agir pour le cœur des femmes.

Les femmes sont touchées de plus en plus jeunes, dès la quarantaine. Tabagisme, sédentarité, surpoids, charge mentale, différences anatomiques, les causes sont multiples. Au-delà des facteurs classiques, « elles font aussi face à des risques lors de trois phases décisives de leur vie hormonale : contraception, grossesse (avec des risques d’hypertension, de diabète gestationnel) et ménopause », explique la docteure Manon Jouffroy, médecin vasculaire, présidente du club des jeunes médecins chercheurs de la fondation Agir pour le cœur des femmes.

Retard dans la prise en charge

Un retard de prise en charge est synonyme d’aggravation potentielle. Or, « une femme a tendance à ne pas écouter les signaux d’alerte de son corps, ou à minimiser ses symptômes. En cas de crise, elle tarde à appeler, et parfois même ne décrit pas la douleur thoracique », regrette la docteure Jouffroy. Du côté des traitements, un rapport de l’Académie de médecine démontre que les femmes ont moins de chances que les hommes de se voir prescrire certains médicaments essentiels après un infarctus. De plus, « on observe qu’elles interrompent plus souvent leurs traitements contre l’hypertension ou l’hypercholestérolémie, indique la professeure Martine Gilard, cardiologue, présidente de la fondation Cœur et recherche, car les essais cliniques incluent essentiellement des hommes, de sorte que, une fois sur le marché, les médicaments ne sont pas aux doses adaptées pour les femmes ».

Il en va de même pour la prise en charge après un accident cardiovasculaire. Les femmes y ont peu accès. Par manque de temps, parce qu’elle donnent la priorité à leurs obligations familiales, elles ne passent pas par la case rééducation. Pourtant, celle-ci est cruciale pour reprendre une vie normale et éviter la récidive. 


LE BUS DU CŒUR DES FEMMES
Le Bus du cœur des femmes sillonne les routes de France pour dépister les facteurs de risque chez les femmes et renforcer la prévention. Ce bus propose un dépistage gratuit de deux heures environ avec de nombreux examens : consultation diététique, addiction, prise de tension, prise de sang, entretien gynécologique, électrocardiogramme, écho-doppler si nécessaire… A la fin de ce parcours, un cardiologue réalise un bilan complet avec la patiente.
L’inscription se fait sur le site de la fondation Agir pour le cœur des femmes ou par téléphone au 01 88 24 22 92.


Ça urge !

On doit soupçonner un accident cardiovasculaire en cas de douleur thoracique constrictive (qui donne une impression de serrement dans un étau), de sensation d’oppression ou de brûlure (parfois confondue avec des brûlures d’estomac). Si cette douleur ne disparaît pas au repos, il faut agir. Attention, elle peut irradier vers le bras gauche ou la mâchoire inférieure. Des sueurs froides ou une pâleur sont également des signes avant-coureurs.

Si les femmes partagent globalement les mêmes symptômes que les hommes, l’accident cardiovasculaire se manifeste aussi chez elles par une fatigue inexpliquée, l’impression de faire une crise d’angoisse, des maux de tête, des nausées ou des vomissements.

Ces douleurs doivent motiver un appel en urgence : faites le 15, décrivez les symptômes et insistez pour une prise en charge immédiate. A noter : on peut composer le 112 depuis un téléphone portable, il est destiné aux situations d’urgence et accessible même en cas de panne de réseau.

 Quand faire un bilan cardiaque ? 

• Avant de reprendre une activité physique, si vous n’en avez fait aucune depuis plus de trois ans ;

• si vous présentez au moins deux facteurs de risque : hypertension, diabète, tabagisme, taux de cholestérol élevé, sédentarité, surpoids… 

• au moment de la ménopause ;

• en cas de symptômes soudains et inhabituels : essoufflement, douleurs, fatigue…

 Qu’est-ce qu’un ECG ? 

Le cardiologue effectue un électrocardiogramme (ECG) afin d’enregistrer l’activité électrique de votre cœur. Parfois, un test d’effort sera recommandé sur un vélo ou un tapis de course, pour voir comment votre cœur réagit pendant un exercice physique. Cela permet de repérer un éventuel trouble du rythme, une insuffisance cardiaque ou encore un problème d’artère bouchée par une plaque d’athérome. D’autres examens peuvent être prescrits : bilan sanguin, échographie, scanner des artères coronaires…