Accueil Mutuelle SMH S’engager pour l’environnement : une urgence de santé publique

S’engager pour l’environnement : une urgence de santé publique

Carole Moreira, présidente de la mutuelle SMH. Photo Franck Crusiaux


Dès le début du projet, la SMH a rejoint l’Association des mutuelles pour la santé planétaire. Sa présidente, Carole Moreira, également secrétaire générale adjointe de l’association, en précise le rôle et les missions.

Quels sont les origines et les objectifs des Mutuelles pour la santé planétaire et du projet Mutuelle Europe ?

Carole Moreira : Depuis février 2024, une cinquantaine de mutuelles européennes se sont rassemblées pour faire face ensemble à la toxicité des pesticides, s’inspirant des mobilisations contre l’amiante. Risques invisibles, poisons silencieux qui agissent à retardement, ces deux fléaux présentent en effet de grandes similitudes. Ces mutuelles se sont depuis constituées en Association des mutuelles pour la santé planétaire.

Dans la continuité des colloques au Sénat le 5 février, et au Parlement européen le 11 avril 2024, l’association réunit des moyens humains et financiers pour ouvrir un nouveau chapitre de la santé publique. Le projet Mutuelle Europe s’articule autour de quatre demandes prioritaires exprimées au Parlement de Bruxelles : appliquer la législation européenne sur l’évaluation de la toxicité des pesticides, maintenir l’objectif de réduction de 50 % de l’utilisation de ces produits dans l’UE d’ici à 2030, atteindre 20 % minimum d’alimentation bio dans les marchés publics alimentaires dès 2025, mettre en œuvre une Europe 100 % agro-écologique sans pesticides d’ici à 2050, et 25 % d’ici à 2030.

Avez-vous d’autres exemples d’actions concrètes ? 

C. M. : L’association organise plusieurs rencontres inspirantes par an, réunissant des responsables mutualistes élus et salariés avec des experts, des scientifiques, sur les thématiques de l’alimentation, du modèle agricole, de l’agro-écologie. Des formations, des ateliers permettent aussi de partager les pratiques et les connaissances, de confronter nos visions. Le but est également de faire émerger et d’aider les projets de proximité en nous associant à d’autres acteurs.

On ne peut plus fermer les yeux sur les dangers des pesticides. C’était une évidence pour la SMH, issue du monde hospitalier, de s’engager dans cette initiative.

A ce titre, le « Serment de Cambrai » est un bel exemple de transversalité : sous l’égide de notre association, 60 acteurs de la santé publique, de l’agriculture bio et de l’environnement (médecins, victimes de pesticides, mutualistes, agriculteurs et entrepreneurs) ont uni leurs voix pour soutenir la fABrique à sucres, une coopérative sucrière 100 % bio et régionale. A terme, une centaine d’agriculteurs produiront des betteraves sans pesticides de synthèse.

Pourquoi le mouvement mutualiste et la SMH s’emparent-ils de ces problématiques ?

C. M. : La prévention a toujours été l’ADN des mutuelles. Nous ne sommes pas des « rembourseurs ». Il faut agir davantage en prévention primaire, c’est notre rôle. On voit aujourd’hui une recrudescence de maladies liées à l’environnement, de plus en plus de cancers pédiatriques. Les études scientifiques montrent aujourd’hui clairement les liens de cause à effet. On ne peut plus fermer les yeux sur les dangers des pesticides. C’était une évidence pour la SMH, issue du monde hospitalier, de s’engager dans cette initiative. L’enjeu, ce sont les conséquences humaines, bien sûr, mais aussi financières qui pèsent sur notre système de santé. A notre niveau, nous devons agir pour aujourd’hui et pour les générations futures.