
Florence Blas a subi un accident cardiovasculaire, à l’âge de 52 ans. Elle nous raconte son parcours.
Si j’avais un seul message à faire passer aux femmes, ce serait le suivant : faites un bilan cardiaque si vous avez des antécédents, si vous fumez, ou à la ménopause… Et insistez pour être prises au sérieux. Je ne voudrais pas que mon histoire se répète. Il y a deux ans, je suis allée aux urgences pour des douleurs thoraciques, aux bras, et j’en suis ressortie avec une ordonnance pour de l’arthrose. Mon médecin traitant, que j’ai vu après, m’a diagnostiqué des douleurs digestives. J’ai pris les traitements et j’ai continué à travailler, à mener ma vie.
Mais les douleurs ont continué, de plus en plus intenses : je suis allée aux urgences mais ils m’ont renvoyée chez moi. C’est alors que je me suis décidée à prendre rendez-vous avec mon cardiologue. Après une nuit de douleurs thoraciques, avec prise d’antalgiques et autre médicament à la codéine juste avant le rendez-vous, je me suis rendue chez le cardiologue et le diagnostic est tombé : l’électrocardiogramme confirmait un récent infarctus du myocarde, et l’échographie du cœur révélait une nécrose. Le cardiologue a immédiatement contacté le Samu ; direction le bloc opératoire. La coronarographie a mis en évidence un bouchon dans l’artère principale, nécessitant la pause d’un stent.
Le bon diagnostic était enfin posé, après des semaines d’errance médicale. Certes, je suis en vie, mais après quel parcours d’incompréhension ! Personne n’a pris en compte que j’étais fumeuse, personne n’a considéré l’impact hormonal ni, surtout, qu’une femme aussi pouvait faire un accident cardiaque. Après un infarctus, c’est la vie qui bascule. C’est violent. Pour moi, pour mon entourage. Je me rends compte que j’ai frôlé la mort.
Et puis la vie continue, mais elle est différente. J’ai fait une rééducation cardiaque, et c’est important d’insister pour en bénéficier. J’apprends à changer ma façon de vivre. Me sevrer du tabac – mon pire ennemi –, apprivoiser les traitements, faire attention à mon alimentation… Ne jamais oublier que la menace est toujours là. Mais je garde espoir. Je me libère et je reprends confiance. Il existe une vie après un infarctus. Aujourd’hui, je ne peux pas rester silencieuse après cet accident. Il y a un vrai problème de reconnaissance de la santé des femmes. Heureusement qu’il existe des associations, comme Agir pour le cœur des femmes, qui prennent le sujet au sérieux. Mon témoignage doit permettre une vraie prise de conscience. On doit prendre soin du cœur des femmes. »

























