
Bonne nouvelle sur le front du cancer de la peau. Un vaccin à ARN messager donne des résultats encourageants lors de la dernière phase d’essais cliniques. Il s’adresse aux patients ayant un mélanome à un stade avancé.
Les laboratoires américains Merck et Moderna ont annoncé des résultats prometteurs lors de la dernière phase d’essais cliniques de leur vaccin expérimental à ARN messager contre le cancer de la peau. Il s’adresse aux patients déjà atteints par cette maladie.
Vaccin personnalisé
Précision, il ne s’agit pas d’un vaccin préventif pour empêcher l’apparition d’une tumeur chez une personne en bonne santé. Mais, de ralentir la survenue d’une possible récidive chez des personnes atteintes de mélanome (une tumeur de la peau), à un stade avancé. « C’est un vaccin très original puisqu’à partir des données de la tumeur de chaque personne, on va désigner le vaccin qui va reconnaître jusqu’à 34 antigènes spécifiques de la tumeur de la personne, et permettre d’éduquer son immunité pour éviter la rechute », explique la docteure Suzette Delaloge, médecin oncologue et présidente du conseil d’administration de l’Institut national du cancer, sur France Info.
Comment ça marche ?
Après ablation de la tumeur du patient, un petit fragment de l’ADN de cette tumeur sera séquencé. Les chercheurs vont identifier des anomalies dont on sait qu’elles peuvent constituer des antigènes (c’est-à-dire des marqueurs caractéristiques de la tumeur), très facilement reconnaissables par l’immunité.
Puis on va fabriquer un vaccin qui contient les instructions permettant à l’organisme de présenter ces marqueurs au système immunitaire et qui va ainsi se défendre.
L’objectif est de provoquer une réponse des lymphocytes T spécifiquement dirigée contre les cellules susceptibles de porter ces caractéristiques tumorales. Autrement dit, il s’agit de donner au système immunitaire une sorte de portrait-robot moléculaire de la tumeur.
Un espoir
L’étude menée depuis plusieurs années, révèle qu’il y a eu une diminution du risque de rechute, chez les patients, d’à peu près 50 %. Une étape majeure est franchie en 2026 pour la recherche et les malades. Le traitement combiné immunothérapie et vaccin a permis d’améliorer significativement la survie sans récidive. Il a également amélioré la survie sans métastases à distance, qui constituait un critère secondaire important.
Mais ce n’est qu’une étape. L’étude doit se poursuivre afin d’évaluer la survie globale. Et pour obtenir davantage de données sur la tolérance et les bénéfices à long terme.
Ces résultats montrent qu’un vaccin à ARN messager conçu à partir de la tumeur d’un patient pourrait aider son système immunitaire à lutter plus efficacement contre les cellules cancéreuses restantes après la chirurgie. Un espoir pour les autres cancers ?

























