
Près de 77 000 personnes ont participé à la première phase de la consultation citoyenne lancée par une cinquantaine d’organisations du secteur de la santé et de l’accompagnement social. Les contributions soulignent un attachement massif à notre modèle solidaire.
Réunis dans les locaux parisiens d’APF France Handicap, notamment à l’origine de la démarche, plusieurs organisations soutenant les Etats généraux de la santé et de la protection sociale en ont présenté les résultats. Mardi 10 mars, La Fédération nationale de la Mutualité Française (FNMF), aux côtés de l’Uniopss (Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés non lucratifs sanitaires et sociaux) et Unicancer, réseau hospitalier spécialisé dans la lutte contre le cancer, ont détaillé les premières remontées issues de cette démarche citoyenne en ligne.
Nourrir le débat public
L’initiative, aujourd’hui portée par plus d’une cinquantaine d’organisations, de fédérations, d’associations et de partenaires sociaux issus du monde de la santé, de la protection sociale et de la représentation des usagers, vise à nourrir le débat public à l’approche des prochaines élections présidentielles.
Conduite du 17 novembre 2025 au 17 février 2026, la première phase de cette consultation en ligne a suscité une forte mobilisation. Au total, 76 873 personnes dont 64 090 citoyens et 12 783 professionnels de santé et de l’accompagnement ont donné leur sentiment. Plus de 400 000 contributions écrites ont par ailleurs été recueillies. Ce qui témoigne d’un intérêt marqué pour les enjeux liés au système de santé.
« Fierté collective »
Premier enseignement majeur, les répondants ont massivement rappelé leur attachement à notre système de protection sociale. Neuf personnes sur dix, qu’ils soient citoyens ou professionnels de santé, déclarent être particulièrement attachés au modèle solidaire français. « 80 ans après la création de la Sécurité sociale, les principes de solidarité, d’égalité et d’universalité restent constitutifs d’une fierté collective. Et du socle de notre cohésion sociale », ont déclaré les organisateurs dans un communiqué de presse commun.
« Des soins de qualité pour tous »
Plusieurs priorités se dégagent également de la consultation. L’accès aux soins arrive ainsi en tête des préoccupations. La moitié des citoyens et près d’un professionnel sur deux souhaitent avant tout « garantir des soins de qualité pour tous (50 % des citoyens et 47 % des professionnels). Et réduire les délais d’attente (53 % des citoyens et 43 % des professionnels) ».
Santé mentale
La santé mentale figure également parmi les thèmes les plus marquants de la consultation. « C’est la question ouverte qui a suscité le plus de contributions, souligne Séverine Salgado, directrice générale de la Mutualité française. Nous sommes tous, à un moment ou un autre, confrontés à ces problématiques. Ce qui ressort, c’est un besoin très fort d’une réponse politique à la hauteur. »
Perte d’autonomie
Autre sujet mis en lumière : la perte d’autonomie, encore largement anticipée de manière insuffisante. Selon la consultation, 73 % des citoyens déclarent ne pas se sentir préparés à cette éventualité. Pour Pascale Ribes, présidente d’APF France Handicap, ce résultat révèle un angle mort du débat public.
« Alors que nous sommes aujourd’hui une cinquantaine d’organisations représentatives de la société, il faudra un certain culot de la part des candidats à l’élection présidentielle pour ne pas reprendre à leur compte ce que nous aurons proposé », Séverine Salgado, directrice générale de la mutualité française
« La perte d’autonomie reste un sujet que notre société a encore du mal à regarder en face. Pourtant, la santé et l’autonomie doivent être pensées tout au long du parcours de vie. » Daniel Goldberg, président de l’UNIOPSS, rappelle aussi l’importance d’investir davantage dans la prévention. « Il ne faut pas attendre d’être confronté à des situations de soins lourds pour penser l’accompagnement des personnes. »

Pendant la conférence de presse du 10 mars, Séverine Salgado, directrice générale de la Mutualité française, au micro commente les résultats de la première phase de ces Etats Généraux. © Quentin Lepoutre
Calendrier
Les Etats généraux de la santé et de la protection sociale entrent désormais dans leur seconde phase. De mars à juin 2026, ateliers territoriaux, groupes de travail nationaux et convention citoyenne permettront d’approfondir les enseignements de la consultation.
Les propositions finales devraient être présentées à l’automne. Avec l’ambition de peser dans le débat public à l’approche de l’élection présidentielle de 2027. « Alors que nous sommes aujourd’hui une cinquantaine d’organisations représentatives de la société, il faudra un certain culot de la part des candidats pour ne pas reprendre à leur compte ce que nous aurons proposé », conclut la directrice générale de la Mutualité Française.

























