Chloé Chevalier incarne Molly Bloom, l’épouse de Léopold, une femme libre, enfermée dans une époque guindée. Cette jeune comédienne s’attaque au roman de James Joyce, Ulysse, publié en 1921. A découvrir absolument.

Le souffle d’une femme

James Joyce retrace dans une forme d’odyssée moderne, en dix-huit chapitres, la journée de Léopold Bloom. Le dernier, « Pénélope », est l’un des premiers monologues intérieurs de la littérature, complètement dénué de ponctuation. Comme un long souffle où résonne la voix d’une femme, Molly. Libre, sensuelle, indomptée, elle ne s’interdit aucune pensée, aucun fantasme, dirait-on aujourd’hui. Le spectateur voyage avec elle dans ses pensées, ses craintes, sa sexualité, ses désirs exacerbés par une époque moraliste. Etre vivante et jouir des moindres instants, tel est le cap que Molly se donne, tout en affrontant ses peurs.

« J’aime ce texte, pourtant écrit en 1921, pour la modernité
de sa pensée, comme si le personnage de Molly était
ma contemporaine »,
Chloé Chevalier, comédienne.

Chloé Chevalier incarne une Molly moderne, sans filtre ni fards, sensuelle et violente. Son incarnation est comme une ancre qu’elle jetterait à la Molly de Joyce.

« Elle respire Joyce, ce texte est devenu le sien », dit d’elle Pascal Papini qui la met en lumière dans une scénographie subtile. Tous deux font (re)découvrir au spectateur ce roman, qui est une des grandes pages de la littérature du XXe siècle.

 Molly, mise en scène Pascal Papini, du 1er au 19 octobre, au théâtre des Déchargeurs, 3, rue des Déchargeurs, 75001 Paris, résa : www.lesdechargeurs.fr ou 01 42 36 00 50.

Samedi 19 octobre à 16 h Chloé Chevalier et Alice Zeniter (L’Art de perdre, Goncourt des lycéens 2017) liront Tessons de femmes, mélange de textes sur les femmes, le féminin et le féminisme dans la littérature.