
La Fondation pour le logement publie une étude dénonçant une « urgence sanitaire » dans les quartiers populaires. Ces dernières, surexposées aux canicules, vivent dans de véritables « bouilloires thermiques ».
La question du réchauffement climatique n’est pas seulement écologique elle est aussi sociale. C’est le message très clair que lance la Fondation pour le logement des défavorisés (anciennement Fondation Abbé Pierre), dans sa dernière étude. Alors que les vagues de chaleur se multiplient en France.
Quartiers populaires, canicule, santé dégradée
Déjà la seconde canicule en France et nous ne sommes qu’au début de l’été. Dans les quartiers défavorisés, ces épisodes sont plus durs à supporter. L’été, les logements mal isolés que l’on qualifie de « passoires thermiques », se transforment en « bouilloires ». Les conséquences sont dramatiques sur la santé des populations. En effet, elles sont plus exposées aux problèmes de sommeil, malaises, nausées, maux de tête, risques cardiovasculaires et rénaux, troubles de la grossesse…
Car les plus défavorisés sont moins en capacité de s’équiper en appareils pour refroidir le logement. Et sont donc plus exposées à une mauvaise santé. « Le tout cumulé à un urbanisme marqué par une forte densité, des matériaux qui exacerbent la chaleur (béton, asphalte), un manque d’espaces verts et une forme “d’assignation à résidence” en période de canicule », poursuivent les auteurs du rapport.
Vers un plan « grand chaud » à l’instar du plan « grand froid » ?
Quelques pistes sont avancées par la Fondation pour pallier les difficultés des plus précaires.
En premier lieu, équiper les bâtiments. Par manque de stores et de volets, près d’un logement sur deux est considéré comme une bouilloire thermique.
Et pourquoi pas « créer un droit pour les locataires de pouvoir exiger que leur propriétaire installe des volets et des brasseurs d’air dans leur logement ».
« On gère de l’urgence » regrette la Fondation qui a déjà œuvré depuis le début de la canicule, pour accueillir des personnes défavorisées dans des lieux adaptés. Elle a aussi déposé plusieurs propositions de loi, pour imposer un certain nombre de changements sur le bâti. Elles sont maintenant sur la table des parlementaires. L’association milite aussi pour l’instauration d’un grand plan chaud rapidement, avec les moyens qui s’imposent.


























