Si on connaît Jean-Claude Izzo pour ses polars qui se déroulent sous le soleil marseillais adaptés à la télévision et au cinéma, on sait moins qu’il fut le premier Rédacteur en Chef de Viva. Jean-Marc Matalon, journaliste qui a bien connu l’auteur lui consacre aujourd’hui une émouvante biographie. L’occasion d’y retrouver ou de découvrir les premières années du magazine.

Le 26 janvier 2000 disparaît prématurément Jean-Claude Izzo, reconnu aujourd’hui comme l’un des maîtres du polar marseillais avec sa trilogie Total Khéops, Chourmo et Soléa qui relate les aventures de son héros, le flic Fabio Montale, amoureux de Marseille, de bonnes bouffes et des femmes. L’écrivain fut d’abord journaliste, en particulier à La Marseillaise au début des années 1980, puis à la Vie Mutualiste éditée par l’Union des mutuelles de Travailleurs qu’il allait, avec d’autres, transformer en Viva, votre magazine. Nous sommes en décembre 1986, un beau bébé sort de l’imprimerie. Il fera ses premiers pas au début de l’année 1987. Le mensuel, prolongement de la Vie mutualiste est spécialisé dans la santé, la prévention mais une large place est accordée aux sujets qui font le quotidien des familles : consommation, environnement, justice, sport, loisirs. Les questions sociales deviennent l’un des marqueurs de Viva : «Izzo ne ménage pas sa peine pour mettre Viva sur orbite. A la tête de la petite rédaction parisienne, il règle dans les moindres détails le lancement du mensuel», écrit Jean-Marc Matalon. «Outre les articles de fonds consacrés à la défense de la sécurité sociale, les abonnés découvrent chaque mois un panorama complet de l’actualité culturelle… Le journal, penche résolument du côté de l’intelligence et du savoir». Le rédacteur en chef à la célèbre moustache, signe lui même un grand nombre d’articles, dont certains dénoncent déjà un gouvernement qui favorise les assurances privées. Inlassablement, dans les colonnes de Viva et plus tard dans ses romans, Jean-Claude Izzo prêtera sa plume aux plus pauvres, aux oubliés, aux opprimés.