Marisol Touraine a présenté un plan national pour améliorer l’accompagnement de la fin de vie. 190 millions d’euros seront débloqués sur la période 2016-2018.

Depuis plus de dix ans, les soins palliatifs se sont très fortement développés.

Pourtant, ils ne bénéficient pas à tous les Français, ou du moins pas dans les mêmes conditions. Depuis plusieurs années, les rapports se sont succédé et tous pointent du doigt les inégalités géographiques ou d’information très fortes, et derrière, des inégalités sociales qui se creusent.

Marisol Touraine a donc présenté un plan national pour améliorer l’accompagnement de la fin de vie. 190 millions d’euros seront débloqués sur la période 2016-2018.

Quatre grands axes structurent ce plan : réduire les inégalités, mieux informer, mieux former les professionnels et développer la prise en charge à domicile.

Réduire les inégalités d’accès aux soins

Près de 225 000 personnes décèdent chaque année en France dans des conditions requérant des soins palliatifs, mais toutes n’y ont pas eu accès avant leur mort. L’accès aux soins palliatifs reste extrêmement disparate sur le territoire. Certaines Régions sont très bien dotées quand d’autres, à l’inverse, subissent un retard criant. La ministre fixe donc un objectif chiffré : chaque région devra disposer d’au moins 1 lit de soins palliatifs pour 100 000 habitants d’ici à 2018. Dès 2016, au moins six nouvelles unités de soins palliatifs seront créées.

Mieux informer les patients

Les Français sont très peu nombreux à être informés sur les soins palliatifs. Qu’il s’agisse de leur existence même et de ce qu’ils recouvrent, ou qu’il s’agisse des modalités d’expression de la volonté du patient, notamment par les directives anticipées. Comment expliquer cela ? Parce que l’essor des soins palliatifs a été extrêmement rapide et que leur médiatisation n’a pas été la priorité. Les acteurs sont nombreux, les initiatives sont diverses et insuffisamment coordonnées. Marisol Touraine préconise donc la fusion du Centre national de ressources en soins palliatifs et de l’Observatoire national de la fin de vie pour former un seul et unique centre national dédié aux soins palliatifs et à la fin de vie.

Ce centre sera chargé de l’exploitation et de la mise à disposition de données sur les soins palliatifs et la fin de vie, du suivi des politiques publiques, et de la communication grand public. Il devra aussi mettre en place, d’ici un an, une grande campagne nationale de communication à destination des Français sur les soins palliatifs et sur les directives anticipées.

Améliorer la formation des professionnels de santé

Si la formation en soins palliatifs existe, elle est disparate, épisodique, trop centrée sur le volet sanitaire. Des modules, des séminaires, des conférences, sont évidemment accessibles, mais ils ne donnent pas suffisamment lieu à l’échange, au dialogue, à la confrontation des points de vue. La minsitre propse donc de structurer et de décloisonner la formation aux soins palliatifs. Une filière universitaire avec un corps enseignant spécifique, dédiée aux soins palliatifs, à l’éthique et à l’accompagnement en fin de vie sera créé. En complément, dans chaque université, des enseignements interdisciplinaires seront créés. Il s’agit de construire un pont entre les étudiants en santé, en philosophie, en psychologie, en droit…

Développer la prise en charge à domicile, à la maison comme en Ehpad

Les Français le disent dans les enquêtes d’opinion : ils veulent pouvoir terminer leur vie chez eux, entourés de leurs proches. Mais les acteurs du premier recours – qu’il s’agisse du médecin généraliste, de l’infirmière ou de l’aidant – ne sont pas toujours bien armés, bien préparés à ces prises en charge difficiles et complexes. Il arrive que les passages aux urgences ou les hospitalisations se multiplient sans pour autant être nécessaires.

Trente nouvelles équipes mobiles de soins palliatifs seront créées dès 2016 sur l’ensemble du territoire. « Ce meilleur maillage permettra de renforcer les soins palliatifs à domicile et d’éviter les hospitalisations inutiles », a déclaré la ministre.