L’Anses (l’Agence nationale de sécurité sanitaire alimentation environnement travail) alerte sur les risques pour la santé de l’exposition élevée à la silice cristalline des travailleurs de la construction, de la métallurgie et des activités extractives.

La silice cristalline est un minéral naturellement présent dans l’ensemble de la croûte terrestre. Elle se présente sous plusieurs formes : le quartz, la plus couramment rencontrée, la tridymite et la cristobalite. La silice industrielle, ainsi que les matières minérales et matériaux contenant de la silice cristalline sont utilisés dans une multitude d’applications : verrerie, fonderie, chimie, caoutchoucs, peintures, construction avec en particulier bétons, parements funéraires, etc. 

Ce minéral a été classé comme cancérogène pour l’Homme par le Circ (Centre international de Recherche sur le Cancer) en 1997. Et toutes les études publiées depuis ont confirmé le lien avec le développement du cancer broncho-pulmonaire (Cbp). 

Risque sanitaire élevé 

Outre la silicose et le cancer broncho-pulmonaire, l’expertise de l’Anses confirme une association significative entre une exposition à la silice cristalline et le risque de développer une maladie auto-immune comme la sclérodermie systémique, le lupus érythémateux systémique et la polyarthrite rhumatoïde. De la même manière, l’exposition à la silice cristalline augmente le risque de développer des pathologies respiratoires non malignes autres que la silicose telles que la bronchopneumopathie chronique obstructive (Bpco), l’emphysème, la tuberculose.

En France, près de 365 000 travailleurs seraient exposés par inhalation à la silice cristalline, en particulier au quartz. Selon les estimations de l’Anses, entre 23 000 et 30 000 des travailleurs sont exposés à des niveaux excédant la valeur limite d’exposition professionnelle (Vlep), en vigueur aujourd’hui. Ils travaillent majoritairement dans la construction, la métallurgie et les activités extractives. 

Pour l’agence de sécurité, il existe un risque sanitaire particulièrement élevé pour la population professionnelle exposée à la silice cristalline à des niveaux supérieurs ou équivalents à la Vlep actuelle. Ainsi, l’Anses recommande d’une part de réviser cette Vlep jugée insuffisamment protectrice. D’autre part, elle préconise une série de mesures en termes de prévention et de maîtrise des expositions en milieu professionnel, de surveillance médicale et de reconnaissance des maladies professionnelles.