Rhumatismes articulaires, maux de dos, tendinites, sciatiques… Pour toutes les pathologies rhumatismales et articulaires qui provoquent des douleurs et une perte de mobilité, les cures thermales peuvent se révéler très bénéfiques. L’utilsation de boue, en particulier, peut procurer une réelle amélioration qui se traduit par une baisse de la consommation d’antalgiques et d’anti-inflammatoires. 

74 stations thermales utilisent de la boue dans le cadre de leurs cures. La plus célèbre est celle de Dax. Dans la petite ville des Landes, l’emploi de la boue Peloïde dans les soins est ancestrale.  Ses sources chaudes étaient déjà fréquentées avant l’occupation romaine.

Le péloide est fabriqué avec des remontées d’eau thermale et le limon des berges de l’Adour. De cette union sont nés les premiers bourbiers naturels, excavations boueuses dispersées au gré des résurgences d’eaux thermales. L’ensoleillement de la région permet de maintenir l’Adour à une température idéale pour le développement de l’algue bleue, la fameuse cyanobactérie de Dax.  Il s’agit de l’une des plus vieilles bactéries vivant sur terre. Elle utilise le soleil pour générer de l’oxygène. La présence de ces micro-algues dans le péloïde de Dax le rend unique. Il n’existe pas de produit équivalent en France et il faut aller en Italie, à Abano, pour trouver un phénomène identique. 

Une pose de 15 minutes

Le péloide agit comme un soin anti-inflammatoire, antalgique et myorelaxant. D’une température de 40 à 44 degrés, il est appliqué sur les articulations douloureuses pendant 15 minutes. On observe une action physique avec un relâchement des muscles contractés. Ce soin exerce aussi une action biochimique avec le passage des éléments actifs du péloïde à travers la peau.

Le soin se déroule en cabine individuelle. Le patient est allongé. L’agent thermal applique le peloide directement sur la peau et les articulations du patient, puis le recouvre d’une couverture et le laisse au repos.  Il faut compter 40 kilos de péloide par curiste pour l’ensemble de la cure. Chaque curiste est soigné avec son propre quota de boue reçu en début de cure et réactualisé au cours des trois semaines de traitement.

«Après chaque application, la boue est ramassée et remise dans une étuve, explique Michel Baqué, président du Groupe Thermes Adour qui gère 6 des 16 centres thermaux de Dax et St-Paul-les-Dax. Durant les trois semaines de cure, chaque patient se voit donc appliquer seulement sa boue. Celle ci  est fabriquée par une régie municipale qui suit un circuit de production très réglementé et contrôlé », voir ci-dessous.

La production du péloide.

L’extraction a lieu durant l’été, période sèche qui permet d’accéder plus facilement aux carrières. Le gisement actuel se trouve dans les barthes de Saubagnacq situées à Dax. Le limon fossile est situé sous les alluvions entre 2 et 9 mètres de profondeur.

Le limon est broyé dans l’eau thermale et prend la forme d’une texture pâteuse.

C’est ensuite le tamisage. Le limon est débarrassé de ses impuretés. La pâte devient fine et lisse. 

Les algues ou cyanobactéries sont mises en culture sous serre.

Les algues et les bactéries sont ajoutées au limon dans le fermenteur. Le processus de maturation prendra 6 jours.

À la sortie du fermenteur, le péloïde est conditionné en sac de 10 kilos.

Les sacs sont acheminés dans les établissements thermaux. Leur contenu est utilisé de manière individualisée pour chaque curiste.

Après utilisation, le péloïde retourne à son milieu naturel et sert à combler les carrières d’extraction. Les sites sont ainsi remis en état et bénéficient d’aménagements paysagers. Aujourd’hui, la carrière exploitée de 1995 à 2008 est devenue une chênaie.

La Régie Municipale des Boues est la seule structure à produire le péloïde et à fournir la totalité des établissements thermaux de Dax et de Saint-Paul-lès-Dax.