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Les réseaux sociaux nuisent à la santé mentale des adolescents

L’Anses alerte sur les dangers des réseaux sociaux qui affectent la santé mentale des adolescents, en particulier des filles. © 123RF

TikTok, Instagram, Snapchat… Le constat des autorités sanitaires est sans appel : les réseaux sociaux altèrent la santé mentale des adolescents, d’après une étude récente de l’Anses. Les jeunes filles sont les plus touchées.

Une grande étude de l’agence nationale de santé et de sécurité, (Anses), menée pendant cinq ans sur des jeunes de 12 à 17 ans, et s’appuyant sur des milliers d’expertises scientifiques, révèle que les réseaux sociaux numériques impactent leur santé mentale. L’agence appelle à une réglementation plus forte.

Troubles sur la santé mentale

On connaissait déjà les effets négatifs des réseaux sociaux sur la santé physique des jeunes (troubles du sommeil, de la concentration, fatigue oculaires, sédentarité…). On apprécie mieux, grâce à cette dernière étude, les répercussions sur la santé mentale qui sont l’anxiété, la dévalorisation de soi, les comportements à risques, l’exposition aux cyberviolences… Mais aussi des comportements auto-agressifs (idées suicidaires, automutilation).

L’étude montre également que l’utilisation des réseaux sociaux est associée à des conduites à risques, en influençant les jeunes à consommer plus d’alcool, de tabac ou de drogues. Certains contenus liés à la santé poussent les jeunes à réaliser des défis dangereux.

Ces pratiques posent problème, alors qu’un adolescent sur deux passe entre deux et cinq heures par jour sur les réseaux sociaux, à l’âge où ils sont en pleine construction et en recherche d’identité.

Les filles plus utilisatrices des RS

L’enquête révèle que les jeunes filles utilisent davantage les réseaux sociaux. Surtout des contenus « hautement visuels », note l’étude, et elles y accordent plus d’importance. De ce fait, elles sont plus soumises aux pressions sociales, de genre, sur l’image du corps, les critères de beauté. La minceur, notamment, est très nettement mise en avant, ce qui est un gros facteur de risques de troubles alimentaires. Les filles sont aussi très souvent victimes de cyberviolence.

 « Les cyberviolences et le cyberharcèlement (insultes, rumeurs, exclusion, chantage ou encore diffusion d’images intimes sans consentement) ont des répercussions sur la santé mentale », insistent les experts.

Mieux protéger les adolescents

Les adolescents ont besoin d’être plus protégés, dit en substance l’Anses. Elle propose « l’adoption d’un cadre de gouvernance des réseaux sociaux à la hauteur des enjeux de santé publique ».

L’agence recommande que « les mineurs puissent accéder uniquement aux réseaux sociaux conçus et paramétrés pour protéger leur santé ». Pour cela, il faut « des mesures réglementaires et des actions de contrôle robustes », jugent les experts de l’Anses.

L’agence demande aussi plus d’éducation au numérique en milieu scolaire. Mais aussi en direction des parents, en mettant en avant les pièges et les bonnes pratiques. Enfin, l’Anses recommande davantage de prévention autour des effets des réseaux sociaux sur la santé : des campagnes de sensibilisation et un renforcement de la lutte contre les cyberviolences.