
À l’approche de la rentrée, au moins 2 355 enfants restent sans solution d’hébergement après un appel au 115, selon le baromètre 2026 de l’Unicef France et de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS). Un chiffre en hausse de 42 % depuis 2022.
« À la veille de la rentrée scolaire 2026, 2 355 enfants se retrouvent sans hébergement après un appel au 115. Contraints de vivre à la rue, avec parmi eux des nouveau-nés ». Dans un communiqué de presse commun, l’Unicef France et la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) alertent sur l’urgence du sans-abrisme des mineurs. Ils ont publié fin août les résultats de la huitième édition de leur baromètre « Enfants à la rue ». « Parmi eux, 514 avaient moins de trois ans, dont 173 âgés de moins d’un an », précise l’étude effectuée la nuit du 18 au 19 août 2026.
Ces chiffres sont d’autant plus préoccupants qu’ils ne donnent qu’une vision partielle du phénomène. En effet, de nombreuses familles ne parviennent pas à joindre le 115 ou ont renoncé à l’appeler. Et les mineurs non accompagnés sans-abri ainsi que les familles vivant dans des squats ou des bidonvilles ne sont pas comptabilisés.
En hausse de 42 % depuis 2022
Par ailleurs, le baromètre met en évidence une hausse continue du nombre d’enfants concernés. En un an, leur nombre a augmenté de 9 %. Et depuis 2022 la hausse atteint 42 %.
Les deux organisations rappellent que « les conséquences dramatiques du sans-abrisme sur la vie et le bien-être de ces enfants sont désormais largement documentées. Avec des atteintes à la santé physique et mentale, malnutrition, développement entravé, ruptures scolaires, isolement social, insécurité permanente et exposition aux violences ». Pour rappel, en 2025, 14 enfants de moins de quatre ans et 12 adolescents âgés de 15 à 18 ans sont morts dans la rue.
Suppression de places d’hébergement d’urgence
Face à cette situation, l’Unicef France et la FAS dénoncent des « renoncements politiques répétés et des choix court-termistes ». Elles pointent notamment le sous-dimensionnement de l’hébergement d’urgence et l’insuffisance des moyens qui lui sont consacrés. Le ministère du Logement a d’ailleurs indiqué devoir réaliser en 2026 des économies de 2 à 4 %. Ce qui pourrait entraîner la suppression de 10 000 places d’hébergement d’urgence selon les associations. Parallèlement, 2,9 millions de ménages sont en attente d’un logement social.
En juillet 2017, au cours de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron promettait pourtant de ne plus voir personne dormir dans la rue « d’ici à la fin de l’année ». Près de dix ans plus tard, le nombre de personnes sans abri, parmi lesquelles de nombreux enfants, ne cesse d’augmenter.
Contrat social
À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, l’Unicef France et la FAS appellent ainsi les candidats à ne pas faire l’impasse sur les questions de logement et de lutte contre la pauvreté. « Le sans-abrisme des enfants n’est pas un angle mort technique réservé aux spécialistes de l’urgence sociale », affirment-elles. Il constitue « un révélateur puissant de l’état du contrat social et de la place que nous accordons réellement aux enfants ».

























