Les Journées européennes de cardiologie, qui ont lieu à Paris, sont l’occasion pour les cardiologues de rappeler qu’il existe « un décalage important entre la connaissance des habitudes à prendre pour protéger son cœur et leur mise en pratique au quotidien ».

Les cardiologues, qui se réunissent cette semaine à Paris, alertent sur le fait que même si les Français considèrent le cœur, et de très loin, « comme l’organe le plus important du corps », ils ne font pas assez pour le protéger quotidiennement.

C’est pour cette raison que la Fédération française de cardiologie (Ffc) a décidé de créer un Observatoire du cœur et de mener une enquête auprès d’un échantillon représentatif de 2 000 Français.

La gravité des maladies cardio-vasculaires

58 % des Français ignorent que les maladies cardio-vasculaires (Mcv) [fn] infarctus du myocarde, maladies coronariennes, accidents vasculaires cérébraux, maladies cardiaques congénitales, embolie pulmonaire, troubles du rythme, insuffisance cardiaque…[/fn] sont la première cause de mortalité chez les femmes. Ils sont 77 % à penser qu’elles provoquent moins de 200 décès par jour en France. Un chiffre qui monte à 88 % pour les moins de 35 ans. Une estimation bien loin de réalité : la moyenne nationale représente le double, avec 400 décès par jour liés aux Mcv, soit 150 000 décès par an. 

Du fait de la méconnaissance des Mcv, plus d’un Français sur deux (51 %) n’a jamais parlé de facteurs de risque cardio-vasculaire à un professionnel de santé, que ce soit un médecin généraliste ou un spécialiste.

Bouger pour protéger son cœur

On sait que faire de l’exercice physique régulièrement est bon pour le cœur mais les cardiologues relèvent que les participants au sondage ont cependant une perception erronée de ce qu’est réellement une pratique régulière. « Pour près de 8 Français sur 10, faire une séance d’1 heure d’activité physique par semaine suffit, ce qui n’est malheureusement pas assez, explique la Fédération. 61 % des Français considèrent qu’ils exercent une activité physique régulière, mais en réalité ils ne sont que 31 % à bouger durant au moins 30 minutes d’affilée deux ou trois fois par semaine. Et 37 % limitent cette pratique à un jour par semaine, voire moins souvent encore. »

Combattre la sédentarité

Car la sédentarité est l’ennemie de notre cœur. D’après l’enquête, « 82 % des Français interrogés restent assis ou allongés sans se lever pendant plus de deux heures au moins une fois par semaine ».

Et à l’échelle d’une journée, près d’une personne sur deux reste assise ou allongée durant deux heures au moins. Cette sédentarité est très néfaste pour l’organisme. Elle pourrait tuer quasiment autant que le tabac. précisent l’enquête de la Ffc.

Une alimentation équilibrée

Dans ce domaine aussi, il y a un décalage entre ce que pensent les Français et leur pratique au quotidien. « 77 % des Français déclarent avoir une alimentation équilibrée. Seuls 40 % des Français mangent des fruits et 38 % des légumes tous les jours. Le minimum recommandé des 5 portions de fruits et légumes quotidiennes n’est atteint que par un un tiers des Français. »

L’excès de sel, mis en cause dans les Mcv car il rigidifie les artères et favorise l’hypertension artérielle, est apparemment loin des préoccupations des Français, car d’après l’enquête 64 % des Français resalent leurs plats à table, dont 24 % systématiquement ou fréquemment.

Le tabac, premier tueur évitable

Enfin, le tabagisme est la cause de  25 % des décès cardio-vasculaires survenant avant 70 ans. C’est le facteur responsable de 70 à 80 % des infarctus du myocarde des sujets de moins de 50 ans, tant hommes que femmes. Pourtant, 22 % des Français seulement citent l’arrêt du tabac ou le fait de ne pas fumer dans les moyens de prévention et de lutte contre les maladies cardio-vasculaires.