Les algues ont mauvaise presse. Echouées sur les plages ou disposées en tas sur du compost, elles n’offrent pas le meilleur d’elles-mêmes. Pourtant, elles rendent de fiers services dans la vie quotidienne et jouent un rôle essentiel pour le maintien de la biodiversité.

En effet, elles abritent de très nombreuses espèces et captent le gaz carbonique de l’atmosphère. Elles s’organisent en forêt et certaines laminaires ou kelps (les grandes algues brunes) peuvent mesurer jusqu’à 30 mètres de haut.

Elles sont aussi un lieu de reproduction pour les poissons et les organismes marins en général ainsi qu’un lieu d’alimentation : leurs « sous-bois » produisent une sorte d’humus nourricier où viennent se sustenter certains animaux comme les mollusques.

Line Le Gall, chercheuse spécialiste de la diversité des algues et de leur évolution au Muséum d’Histoire naturelle de Paris.

Il est donc temps de réhabiliter ces végétaux, vieux de plus de plus d’un milliard d’années. D’autant qu’elles rendent des services dans beaucoup de domaines de la vie quotidienne et représentent un poids économique non négligeable.

Forêt d’algues 123RF©.

De grandes qualités

Consommées au Japon depuis des millénaires, les algues possèdent de multiples vertus. Et avec 11 000 espèces, il y a matière à faire… et à voir.

Alimentation

D’après la FAO (l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), l’algue est riche en fibres et nutriments, pauvre en calories (30 à 45 kcal/100 g selon les variétés), et en graisses saturées et fournit de bons acides gras polyinsaturés, en particulier des oméga 3. Les algues sont faciles à digérer, bénéfiques pour le système cardiovasculaire et la régulation du taux de cholestérol. Elles sont riches en protéines : le nori (ou Porphyra), algue rouge compressée en feuilles avec lesquelles sont confectionnés les makis, en contiennent plus de 45 %. Elles sont donc idéales pour les régimes végétariens.

La FAO estime que les algues pourraient accroître de 10 % la production alimentaire mondiale en utilisant à peine 0,03 % de la surface des océans.

On retiendra également les qualités texturantes et gélifiantes des algues rouges et brunes, qui en font les chouchoutes de l’industrie alimentaire pour les mousses, glaces et autres sauces. Les E401 à E407 figurant dans la liste des ingrédients ne sont pas des produits chimiques, ce sont des algues !

Et aussi…

Elles recèlent aussi des qualités absorbantes, la raison pour laquelle elles sont indispensables dans les couches pour bébé. On les retrouve également au rayon beauté : soumises aux marées, elles supportent le plein soleil comme l’immersion. Cela les rend très intéressantes en cosmétique.

Les jardiniers connaissent les produits à base d’algues qui constituent un engrais organique naturel et on les met en lumière dans le domaine de la décoration et de l’art.

Il faut les protéger car elles souffrent de la montée des températures et de la pollution des littoraux.

Line Le gall.

Santé : le secteur le plus prometteur

Mais c’est dans le domaine de la santé que les algues excellent. Maux d’estomac, brûlures abdominales, elles réparent et soulagent. Utilisées pour stopper les saignements, les algues suscitent également l’espoir des scientifiques qui travaillent sur les cancers, les maladies d’Alzheimer et de Parkinson, ainsi que la dépression.

A voir : exposition « Algues marines », à l’Aquarium tropical du Palais de la Porte dorée à Paris. Jusqu’au 4/09/22.