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Le réchauffement climatique nuit gravement à la santé des Européens

La mortalité liée à la chaleur extrême augmente, ainsi que la menace des maladies vectorielles comme la dengue et le chikungunya en Europe. © 123RF

En Europe, le réchauffement climatique est loin d’être anodin pour la santé des populations et surtout des plus fragiles. Le rapport du « Lancet Countdown » alerte, une fois de plus, sur l’urgence de la situation.

Le troisième rapport du Lancet countdown dresse un bilan alarmant sur le nombre de victimes du changement climatique en Europe. Les plus fragiles sont concernés, parmi eux : jeunes enfants, femmes enceintes, malades et les seniors. Et les mesures sanitaires des Etats ne sont pas toujours à la hauteur de l’enjeu.

« Partout en Europe, les effets du changement climatique sur la santé s’intensifient plus rapidement que notre capacité à y répondre », avertit Joacim Rocklöv, codirecteur du Lancet Countdown Europe.

Impacts sanitaires du changement climatique

Vagues de chaleur, canicules répétées, le changement climatique affecte le vieux continent qui se réchauffe plus vite que le reste du monde. Le nombre de jours de chaleur extrême a augmenté de 318 % ces 35 dernières années. En 2024, 62 000 Européens sont morts des effets de températures trop élevées.

Les auteurs du rapport rappellent que la chaleur augmente considérablement les risques de faire une crise cardiaque ou un AVC, aggrave des maladies chroniques, provoque des troubles du sommeil et accentue « les issues défavorables d’accouchement » (c’est-à-dire les fausses couches).

Hausse des maladies virales vectorielles

Avec les vagues de chaleur, les maladies virales comme la dengue ou le chikungunya se font plus présentes. Selon le rapport, ce risque épidémique a presque quadruplé au cours de cette décennie par rapport à la fin du XXe siècle. La fréquence des foyers locaux de dengue, de chikungunya et de Zika augmente en moyenne de 1,24 fois chaque année. La plupart de ces foyers se situant en France.

D’autre part, avec le réchauffement climatique, la période d’exposition aux pollens s’est rallongée de deux semaines augmentant les risques d’allergies. Et une aggravation des affections telles que la rhinite allergique, l’asthme bronchique et la rhinoconjonctivite.

Les plus vulnérables sont les premiers touchés

Comme souvent, les personnes vivant dans les milieux sociaux les moins favorisés sont davantage touchées par les conséquences de ce changement climatique. Ils ont plus de difficultés à avoir accès à une alimentation de qualité ou encore à des espaces verts. Ils sont plus exposés à la pollution, aux incendies, à la sécheresse…

« Les chocs climatiques et météorologiques font grimper les prix des fruits et légumes, rendant plus difficile pour les ménages à faibles revenus de se procurer une alimentation saine et nutritive. » Environ un million de personnes supplémentaires, ont subi de l’insécurité alimentaire en lien avec les vagues de chaleur et les sécheresses en 2023, comparé à la période 1981-2010, note le rapport.

Les travailleurs en extérieur sont eux aussi plus affectés.

Enfin, le rapport juge la réponse des pouvoirs publics à ces risques croissant, très insuffisante. « L’Europe n’est tout simplement pas préparée à faire face aux défis de santé devant nous », avertissent les chercheurs.

Troisième rapport du 22 avril 2026 sous l’égide de la revue médicale anglaise The Lancet, élaboré par 65 auteurs scientifiques provenant de 46 institutions dont l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) pour la France.