Hypersensibilité aux ondes : la parole des malades prise en compte

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) reconnaît la réalité des symptômes ressentis par les personnes électro-sensibles et encourage une prise en charge adaptée. Toutefois, aucun lien scientifique, à ce jour, n’a été prouvé entre les symptômes et l’exposition aux ondes électromagnétiques, d’après les conclusions de l’Agence.

Le malaise des personnes sensibles aux ondes électromagnétiques est reconnu par les autorités. Et c’est une première victoire pour les associations de patients. En effet, le rapport d’expertise de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), admet, au vu des nombreux témoignages et recoupement de données, que de réels symptômes existent et que ces personnes doivent être prises en charge.

En revanche, l’agence ne reconnaît pas le lien de causalité entre les symptômes décrits et l’exposition aux champs électromagnétiques : « En l’état actuel des connaissances scientifiques, il n’existe pas de preuve expérimentale solide permettant d’établir ce lien », conclut l’agence.

Des symptômes reconnus

Maux de tête, fatigue chronique, troubles du sommeil, cutanés, de l’attention et de la mémoire, isolement social… la réalité vécue par les personnes électro-sensibles est douloureuse. Les dernières données récoltées par l’agence montrent qu’environ 5 % de la population en France se déclare électro-hypersensible. Toutefois, ces données « ne semblent pas confirmer la perspective d’une augmentation progressive de la prévalence de l »lectro-hypersensibilité [Ehs] ». Mais un premier pas est franchi dans la reconnaissance de la souffrance de ces personnes et les répercussions néfastes sur leur qualité de vie.

Une prise en charge adaptée

En conséquence, l’agence préconise aux pouvoirs publics de pérenniser le financement de l’effort de recherche sur les effets sanitaires des radiofréquences et de soutenir notamment la mise en place d’infrastructures de recherche adaptées à l’Ehs. Elle souhaite que la Haute Autorité de santé passe le message aux professionnels de santé. L’Agence propose également de développer leur formation sur la problématique de l’Ehs.

Les associations de patients sont satisfaites

L’association Priartem-Electrosensibles de France salue ces résultats. Pour Sophie Pelletier, présidente, elle-même atteinte d’Ehs :« Il est aujourd’hui urgent et indispensable, que ce soit dans le domaine social, médical, scientifique, que l’on soit médecin préventeur, cadre de santé, assistant social, chercheur, décideur… d’écouter ce que disent les malades et d’associer les associations représentatives. Des milliers, peut-être des millions de Français sont concernés. C’est un défi sanitaire majeur, il n’est plus possible de perdre de temps pour prévenir de nouveaux cas et prendre en charge dignement les personnes déjà atteintes ». « C’est un pas dans la bonne direction. Il faut maintenant que le lien de causalité soit reconnu », a également indiqué Jeanine Le Calvez, vice-présidente de Priartem.

De son côté, l’eurodéputée écologiste Michèle Rivasi accueille favorablement un rapport « qui va dans le bon sens ».

« C’est une avancée. On ne parle plus d’un effet nocebo [fn]L’effet nocebo, à l’inverse du placebo, est causé par la suggestion ou la crainte que l’exposition à un médicament ou à des facteurs environnementaux est nuisible.[/fn] exclusif »,  estime aussi le président de l’association Robin des Toits, Pierre-Marie Theveniaud.