Des produits alimentaires qui vous promettent « une source de vitamines », une cure « détox », ou qui luttent « contre le cholestérol », sont-ils fiables ? Loin de là, alerte une enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), publiée le 21 juin et qui met en garde les consommateurs contre ces allégations santé.

De très nombreux produits alimentaires : céréales, miels, chocolats, thés, tisanes… affichent des allégations thérapeutiques trompeuses qui peuvent induire « le consommateur en erreur, voire présenter un risque pour sa santé », explique la DGCCRF, dans un récent rapport. Elle constate que la réglementation concernant la communication sur l’impact sanitaire de certaines denrées alimentaires n’est pas toujours respectée.

Qu’est-ce-qu’une allégation ?

Une allégation de santé, d’après la définition qu’en donne le Parlement européen*, est un message associé à un produit alimentaire qui affirme, suggère ou implique l’existence d’une relation entre cette denrée ou l’un de ses composants et la santé. Il est alors possible d’identifier trois types d’allégations de santé :

– celles qui améliorent une fonction physiologique (ex : « améliore le transit intestinal ») ;

– celles relatives à la réduction d’un risque de maladie (ex : « réduit le risque cardio-vasculaire ») ;

– celles se rapportant au développement et à la santé des enfants (ex : « le calcium est bon pour la croissance des enfants »).

Des anomalies…

Le rapport de la DGCCRF met en avant un taux d’anomalie de 44 % en moyenne, avec un écart entre les commerces physiques (38 % d’anomalie) et les sites de vente en ligne (69 %).

Des chiffres supérieurs à ceux de la précédente enquête de 2016, qui comptaient 21 % d’anomalies. Car, aujourd’hui, la DGCCRF a spécifiquement ciblé « les produits les plus susceptibles de porter des allégations de santé : infusions, thés, chocolats, céréales pour petit déjeuner, produits « de la ruche » », explique l’étude.

… et un risque pour la santé

Or, ces allégations « influencent l’acte d’achat des consommateurs », pensent les enquêteurs. Il faut donc qu’elles soient « fondées » mais aussi que « leur formulation n’implique pas une incidence négative sur la santé des consommateurs, en particulier les plus vulnérables, qui pourraient à tort prendre les produits qui en sont porteurs en substitution de moyens thérapeutiques », insiste la DGCCRF. Exemple : des produits qui affichent sur leur étiquette « s’utilise lors d’un rhume », « pour lutter contre l’anémie »… D’autres sont porteurs d’informations qui modifient le sens comme : « La vitamine C augmente les défenses immunitaires », au lieu de l’allégation autorisée « la vitamine C contribue au fonctionnement normal du système immunitaire ». Pis, certaines allégations santé sont non autorisées comme : « La noix de coco facilite la digestion » ou « la biotine contribue au maintien d’ongles normaux ».

*Règlement (CE) no 1924/2006 du Parlement européen et du Conseil du 20 décembre 2006 concernant les allégations nutritionnelles et de santé portant sur les denrées alimentaires.