L’association France Transplant déplore, dans une enquête, une baisse inquiétante des dons d’organes, après « presque dix ans de hausse continue ». On s’éloigne ainsi, de plus en plus, de l’objectif fixé de 7 800 greffes en 2021 en France.

2017, avait été une année record en matière de transplantations. Mais, depuis 2018, le nombre est en baisse. L’association France Transplant tire la sonnette d’alarme car la liste des patients en attente de greffe s’allonge, environ 24 000 aujourd’hui, alors que celle des patients greffés diminue.

Une attente de plus en plus longue

Chaque année, le nombre des inscrits sur le registre des patients en attente de greffes « outrepasse très largement celui des malades greffés » précise France transplant. « Plus de la moitié ne pourront vraisemblablement pas recevoir le traitement escompté ». Pire : « 500 à 600 patients » sur listes d’attente, « meurent chaque année, faute d’avoir été greffés ».

Près de 24 000 personnes sont en attente de greffe, aujourd’hui.

Pourquoi une telle pénurie ?

Comment en est-on arrivé là ? Les experts soulèvent la question de la mauvaise application de la loi. En effet, depuis le 1er janvier 2017, la loi sur le don d’organes a changé. En l’absence de refus exprimé du vivant, un prélèvement peut être pratiqué en cas de mort encéphalique. Nous sommes donc, tous devenus des « donneurs présumés ». Mais, dans les faits, on applique insuffisamment ce principe,les équipes médicales s’entretenant, au préalable avec les familles. Et, beaucoup d’entre elles finissent par refuser le prélèvement d’organes du défunt. Sur le site Franceinfo.fr, le Pr Jean-Louis Touraine, néphrologue et président de France Transplant, explique : « Au lieu de demander à la famille : est-ce que la personne décédée était pour ou contre, on demande à la famille : est-ce que vous, vous êtes pour ou contre. Et parmi les 5 ou 6 membres de la famille qui sont ici, autour de la personne qui vient de décéder, il y en a toujours un qui a des états d’âme. Par conséquent, le prélèvement ne se fait pas et cela explique pourquoi, aujourd’hui, il y a 50% ou plus de taux de refus. »

Les équipes médicales dénoncent également, un manque de moyens des services de transplantation et un sous-effectif des personnels.