Il reste encore de l’amiante dans beaucoup d’écoles mais rien n’est fait. Le collectif Urgence Amiante Ecole, la Fcpe, l’Unsa éducation et plusieurs autres syndicats et associations souhaitent rencontrer le ministre de l’Education nationale pour lui demander un « réel plan d’action » afin de prévenir les risques d’exposition.

Suite à une enquête des Inspecteurs santé et sécurité au travail (Isst), qui a porté sur 175 écoles publiques au cours de l’année scolaire 2017-2018 et remise à l’Education nationale, il s’avère que plus de 80 % des écoles françaises pourraient contenir de l’amiante. Treize associations alertent les pouvoirs publics dans une tribune publiée dans le journal Libération le 26 novembre. 

Un plan d’urgence pour les écoles

Selon Cyril Verlingue, président de l’association Urgence Amiante Ecoles, 88 % des écoles françaises ont été construites avant l’interdiction de l’amiante en 1997. « Ce qui oblige normalement les collectivités territoriales propriétaires de ces bâtiments à établir un diagnostic technique amiante (Dta). »

Or, 46 % des établissements visités ne disposent pas de ce diagnostic. Pis, pour les 54 % qui en ont un, sa qualité laisse à désirer et sa mise à jour, pourtant obligatoire, est prévue par seulement 9 % des propriétaires des bâtiments », a-t-il dénoncé.

Pour Alain Bobbio, secrétaire général de l’Andeva, la France atteint une situation critique : «  L’amiante est un matériau qui vieillit mal. Donc, en vieillissant, il libère des fibres et se dégrade. C’est à ce moment-là que c’est dangereux. Et vous avez malheureusement des établissements qui ont été construits dans les années 1960, 1970, c’est-à-dire à l’époque du “tout-amiante”. On en mettait absolument partout. Et bien, plusieurs décennies ont passés et maintenant on est dans la zone rouge.  »

Les élèves, les agents de services et les professeurs sont particulièrement exposés à cette fibre cancérogène.

Urgence Amiante Ecole demande « un désamiantage des établissements qui soit raisonné, construit dans le temps en fonction de la dangerosité des établissements ».