Pendant le confinement, les consommateurs ont privilégié les commerces de proximité et les circuits de production courts. Une habitude qui semble persister et s’installer durablement.

« Pendant le confinement, j’achetais mes fruits et légumes chez un producteur, non loin de chez moi. Depuis, j’y retourne régulièrement », confie Aurélie, habitante du Val de Loire.
La crise sanitaire que nous venons de vivre a changé nos habitudes alimentaires et nous préférons désormais privilégier les commerces de proximité et les circuits de production courts. Le producteur local, les Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap), la vente directe à la ferme, le commerçant de quartier, ou encore les plateformes numériques de commande de produits frais, toutes ces formes de commerce connaissent un succès croissant. Cette tendance s’était déjà amorcée en France avant la pandémie. En 2018, déjà, plus de 45 % des consommateurs s’approvisionnaient régulièrement de la sorte.

« De la cueillette chez un agriculteur à la vente sur Internet en passant par le panier livré à domicile, le choix ne manque pas. En plus, on sait d’où viennent les produits, se réjouit Christophe, converti aux circuits courts depuis le confinement. Et le goût n’a vraiment rien à voir ! »

Et maintenant, on peut aussi s’approvisionner en drive.

« Le drive s’étend aux systèmes alimentaires locaux, ce qui est très nouveau, explique Catherine Darrot, chercheuse au Cnrs, qui pense que la crise sanitaire a constitué un accélérateur de transition. Le marché globalisé et mondialisé a ses limites. Le consommateur a pris conscience du “ local ” et du “ bien-manger ”. »

Sain, écolo et équitable

Les circuits courts sont donc pratiques, proposent des produits variés et bons pour la santé…
Mais pas seulement. Car « acheter en circuits courts, c’est aussi limiter les emballages et le gaspillage – on achète en moins grosse quantité –, respecter le bien-être animal, un sujet très important aujourd’hui, explique Caroline Orset, économiste chez Agroparistech. Et on garantit une rémunération juste aux producteurs ». Ces derniers n’y voient que des avantages.
« La vente directe nous permet d’équilibrer notre trésorerie. Nous avons trouvé de nouvelles pistes, dans le respect des gestes barrières : “ paniers paysans ” livrés à domicile, plateforme dédiée… Nous continuons à approvisionner nos clients habituels, mais nous captons aussi de nouveaux consommateurs limités dans leurs déplacements, comme les seniors ou les personnes qui travaillent
en horaires décalés. »

Beaucoup d’initiatives voient le jour, et une tendance se dégage nettement.
« On voit émerger les fermes urbaines, ce que l’on appelle l’agriculture en ville, note Caroline Orset. Cela diminue les coûts
de transport et représente un vrai changement du côté de l’offre. »

Les bonnes adresses

Par nature, les circuits courts sont proches de chez vous. Impossible donc de tous les citer ici.
Voici néanmoins une liste non exhaustive de réseaux qui couvrent la France entière. De nombreux exploitants agricoles proposent des produits à vendre chez eux et sur Internet : Bienvenue-a-la-ferme.com, Locavor.fr ou, pour le bio, Bioetlocal.org, La Ruche qui dit oui.fr Renseignez-vous autour de vous, vous trouverez votre bonheur !