Le Dry January ou Mois sans alcool commence en fanfare. Déjà 8 000 inscrits sur le site pour se lancer dans l’aventure dont le but est de faire une pause dans sa consommation d’alcool.

Lancée en Angleterre en 2013, l’opération Dry January a lieu pour la première fois en France en ce mois de janvier 2020, sous le nom de Défi de janvier. Elle est portée par une trentaine d’associations concernées par l’addiction, le cancer et plus généralement la santé publique. En France, cet événement devait être soutenu par Santé publique France qui avait promis des financements mais, revirement de situation, en décembre dernier, le gouvernement a décidé de faire marche arrière, face à la pression du lobby alcoolier. C’est donc sans soutien des autorités sanitaires que les associations ont lancé l’opération.

Réfléchir à notre consommation d’alcool

Durant tout le mois de janvier, après les fêtes, cette opération de prévention propose de faire une pause dans sa consommation « sans regard moralisateur », prévient le Dr Bernard Basset, vice-président de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa) « C’est un événement ludique, qui s’adresse à ceux qui ne sont pas dépendants de l’alcool mais qui veulent réfléchir sur leur consommation, à la place qu’elle tient dans leur vie, aux quantités qu’ils boivent… » Et de rappeler que l’on peut consommer au maximum deux verres par jour et pas tous les jours, pour un maximum de dix par semaine. Pour les femmes enceintes, c’est zéro alcool pendant la grossesse.

Des bénéfices à l’arrêt de l’alcool

« On ressent, très nettement, un mieux-être dès l’arrêt de la consommation. Les volontaires disent avoir un meilleur sommeil, remarquent une perte de poids, une meilleure concentration, une tension artérielle plus basse », explique Bernard Basset. Les Britanniques, qui organisent le Dry January depuis 2013, ont pu en mesurer les effets positifs.

« Nous espérons que le Défi de janvier fera prendre conscience des bénéfices d’un arrêt dans la consommation d’alcool mais sera aussi l’occasion d’informer sur les dangers, milite le vice-président de l’Anpaa. Il faut qu’il y ait de grandes campagnes de prévention comme pour le tabac. Mais avec le soutien des pouvoirs publics. »

Rappelons que l’alcool a été responsable de 41 000 décès en France en 2015 dont 16 000 par cancer. Il reste la deuxième cause de mortalité évitable après le tabac, avec 7 % du nombre total de décès de personnes âgées d’au moins 15 ans en 2015.

Chaque année, l’alcool est  à l’origine de près de 7 000 cancers de la sphère Orl, d’environ 7 000 cancers colorectaux et de plus de 4 000 cancers du foie.