« On a dit que j’avais inventé la pénicilline. Elle n’a jamais été inventée car elle est produite depuis des temps immémoriaux par une moisissure. Mon seul mérite est d’avoir rendu le monde attentif à cette substance. » Alexander Fleming avait le génie modeste. Ne lui en déplaise, grâce à lui, des millions d’hommes, de femmes et d’enfants ont vu leur vie sauvée par la découverte du premier antibiotique moderne. Du jour au lendemain, la mortalité due à la pneumonie, qui emportait 90 % des malades, s’est trouvée réduite à 10%. La fièvre typhoïde, le typhus, la diphtérie, la scarlatine et la méningite, qui faisaient des ravages, vont pouvoir être guéris. 

Un drôle de champignon 

C’est en 1928 que le médecin et biologiste écossais de quarante-sept ans remarque, en rentrant de vacances, qu’un champignon a empêché la croissance des bactéries sur lesquelles il travaille (staphylocoques) dans son laboratoire du St-Mary’s Hospital Medical School de Londres. Il isole cette substance qu’il appellera, dès 1929, pénicilline – Penicillium notatum. Il pense qu’elle pourrait combattre les infections bactériennes et essaie de la purifier. Mais il finit par arrêter ses recherches, faute de moyens pour pouvoir produire la pénicilline dans des quantités suffisantes. 

La consécration 

En 1940, Howard Florey et Ernst Chain reprennent ses travaux. Ils réussissent à purifier la pénicilline et démontrent son efficacité thérapeutique. Sa commercialisation dans les pharmacies débutera après-guerre. Le 7 décembre 1945, Fleming, Florey et Chain reçoivent le prix Nobel de médecine pour leurs travaux sur la pénicilline et son application thérapeutique. Aujourd’hui encore, la pénicilline et ses dérivés sauvent des milliers de vie.