La justice ouvre une nouvelle brèche dans le harcèlement moral. Pour la première fois, une entreprise a été condamnée en appel pour ne pas avoir donné assez de travail à un de ses employés.

Pour l’avoir mis sur la touche. Au placard, comme on dit. Une entreprise vient, pour la première fois, d’être condamnée en appel, pour bore-out. On connaissait le burn-out, l’excès de travail qui pousse à l’épuisement, mais le bore-out (intégralement ennui au travail), est une souffrance, que l’on connait encore assez mal, et qui est condamné pour la première fois en justice.

Le manque d’activité et de reconnaissance condamnés

« C’était un supplice, et non pas une planque, comme on pourrait le penser », explique le salarié qui a porté plainte pour bore-out. En effet, ce dernier était payé pour tout autre chose que pour le poste qu’il occupait, c’est-à-dire : responsable des services généraux. Il devait pendant son temps de travail, aller chercher le fils du président au Golf ou s’occuper de ses appareil ménagers…

Une situation de détresse intense, jusqu’à ce qu’il fasse une crise d’épilepsie au volant de sa voiture et qu’il pense au suicide. Après 6 ans de démarche judiciaires, il est soulagé. L’entreprise a été condamnée, à 5 000 euros de dommage et intérêt et 45 000 euros pour licenciement non valable. La justice reconnait là, pour la première fois, un cas de bore-out, comme étant du harcèlement moral.

« Non, ce n’est pas une planque, comme on pourrait l’imaginer, explique l’avocat de l’employé, car les hommes et les femmes ont besoin de sens pour effectuer leur travail. « Traiter les salariés de la sort, c’est clairement du harcèlement moral ».

De son côté, l’employé est satisfait mais reconnait que sa reconstruction sera lente. Il recherche un emploi.