Depuis plusieurs mois, de nombreux services d’urgence sont en grève. Réunis au sein du collectif Inter-Urgences, ils demandent des mesures fortes pour soulager des personnels à bout.  

Loin de s’essouffler après trois mois, au contraire le mouvement de grève des personnels des urgences s’intensifie. Si les situations sont hétérogènes d’un hôpital à l’autre, les personnels eux sont tous à bout. Brassard «personnel en grève » au bras, tout en assurant les soins, urgentistes, infirmiers, aides-soignants partout en France dénoncent leurs conditions de travail, le manque de moyens matériels et de personnels, la fermeture de lits ou de services… et une affluence de plus en plus importante dans les services d’urgences. Selon le ministère, 24 millions de personnes sont passées aux urgences en 2016, contre 8 millions il y a 30 ans. Certains personnels comme à Lons-le-Saunier dans le Jura ou à l’hôpital Saint-Antoine à Paris ont posé des arrêts maladie pour montrer leur ras-le-bol.

Grève et arrêts maladie

Mardi 11 juin, ce sont plus de 80 services d’urgence qui étaient en grève sur toute la France et 200 personnes ont manifesté devant le ministère de la Santé. Une délégation du collectif Inter-Urgences qui réunit les services en grève a été reçu par le cabinet du Ministère mais aucun moyen supplémentaire n’a été pour le moment annoncé. Agnès Buzyn, ministre de la Santé, pourrait s’exprimer en fin de semaine.

Mission de refondation des urgences

Mais déjà, lors du Congrès des urgentistes du 6 juin dernier, elle avait annoncé des mesures : une mission nationale pour refonder les urgences et un soutien financier pour les établissements faisant face à une forte hausse de leur activité, une accélération de la rénovation des services des urgences vétustes, la généralisation d’une prime et la création d’une nouvelle pour les paramédicaux en charge de certaines tâches déléguées. Enfin, Agnès Buzyn a confié une mission de refondation des urgences pour fin novembre. Des mesures jugées insuffisantes par rapport aux revendications des personnels et aux besoins, qui portent sur la création de 10 000 postes d’infirmiers et d’aides-soignants dans 550 hôpitaux, l’arrêt des fermetures de services, l’ouverture de lits notamment en aval pour les patients devant être hospitalisés après avoir été accueillis aux urgences, en plus d’une demande de prime comprise entre 300 et 400 euros nets en reconnaissance de la pénibilité de leur travail.   

Réorganisation de la médecine de ville

Surtout, la ministre estime que la loi Santé 2022, adoptée hier par le Sénat pourra répondre aux dysfonctionnements, grâce à une réorganisation du système de la médecine de ville pour lui permettre de mieux remplir son rôle et d’absorber les petites urgences, à la place des services d’urgences hospitalières, devenus seuls recours pour certains habitants en l’absence de médecins de ville à proximité. Quoi qu’il en soit, les résultats de ces mesures ne seront pas immédiats.