
Un Français sur six souffre de dépression, révèle le dernier baromètre de Santé publique France paru mi-novembre. Mais près d’un sur deux ne consulte pas de professionnel de santé. Des chiffres qui soulignent un problème persistant : le dépistage et la prise en charge restent dramatiquement insuffisants.
L’année 2025, déclarée « Grande cause de santé mentale », s’achève et les chiffres ne sont pas à la baisse dans ce domaine.
Les jeunes de 18 à 29 ans et les femmes sont les plus touchés
En 2024, plus de 15 % des 18-79 ans ont déclaré avoir vécu, lors des douze derniers mois, un épisode dépressif caractérisé (EDC) dans le cadre d’une enquête menée par Santé publique France (SPF).
Les femmes (18 %) sont plus touchées que les hommes (13 %).
Les jeunes adultes de 18 à 29 ans sont particulièrement vulnérables, avec un taux atteignant 22 %. Les femmes (18 %) sont également plus touchées que les hommes (13 %), une différence déjà remarquée lors des précédentes enquêtes de santé mentale.
La solitude et la précarité semblent être des facteurs aggravants et touchent particulièrement les chômeurs (25 %), les étudiants (22 %), les télétravailleurs (17,2 %), les personnes vivant seules (19 %) ou en famille monoparentale (21 %).
Concernant la gravité des épisodes déclarés, elle est plus forte chez les femmes et les 18-59 ans, avec un pic chez les 40-49 ans (7,1 % d’épisodes sévères).
Recours aux soins semé d’embûches
« Pour l’ensemble de la population, le recours aux soins reste insuffisant », note l’enquête de Santé publique France en précisant que parmi les agriculteurs, artisans, commerçants, chefs d’entreprise et ouvriers, ce sont plus de la moitié des actifs souffrant d’EDC qui demeure sans prise en charge.
Ceci s’explique par un manque de professionnels de santé mentale, avec des délais d’attente très longs mais aussi parce que cette question des troubles psychiques reste un tabou et qu’il est très difficile d’en parler et de trouver de l’information.
Médecin traitant : la porte d’entrée
En particulier pour les femmes et en cas d’épisode dépressif sévère, le médecin traitant est le premier interlocuteur : plus d’un quart des patients avec EDC (25,4 %) en a consulté un, 13,1 % sont allés voir un psychiatre et 22,1 % un psychologue/psychothérapeute. Plus de 40 % (41,7 %) déclarent avoir pris des médicaments et un sur cinq (22,8 %) avoir suivi une ou des psychothérapies.
En cas de détresse ou d’idées suicidaires, des professionnels sont joignables gratuitement 24 heures/24 au numéro de prévention 31 14.


























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