
En partenariat avec Mutami, une distribution de culottes menstruelles s’est déroulée à l’Institut national universitaire Champollion d’Albi. En septembre, elles seront gratuites pour les étudiantes et les bénéficiaires de la CSS.
Le 2 avril, le syndicat étudiant et lycéen SEL-CGT 81, soutenu par Mutami, a organisé une distribution de culottes menstruelles à l’Institut national universitaire Champollion d’Albi. « Nous avons réalisé un sondage sur la précarité menstruelle : sur les 930 répondants, 98 % affirmaient qu’un soutien les aiderait vraiment. Les culottes menstruelles sont chères, et certaines étudiantes doivent choisir entre manger ou en acheter », s’inquiète Camille du SEL-CGT 81. Anna, 20 ans, étudiante, se réjouit de cette distribution : « C’est formidable, car les culottes menstruelles coûtent une “blinde”, on dépense tellement plus que les hommes ! »
Distributeurs de serviettes hygiéniques
Depuis 2020, les universités sont tenues de mettre des distributeurs de serviettes hygiéniques ou de tampons à disposition des étudiantes. « Or, à l’Institut, ce distributeur se trouve au réfectoire et n’est accessible qu’aux heures de repas, de 11 h 30 à 13 h 30. Cela fait trois ans que, malgré nos demandes, la direction refuse de le déplacer », regrette Camille. Selon une étude de la Fédération des associations générales étudiantes, 1,7 million de femmes se déclarent en précarité menstruelle, 33 % des étudiantes ont besoin d’aides pour s’acheter des protections et des produits de première nécessité et 13 % d’entre elles affirment avoir dû choisir entre acheter des protections ou des produits de première nécessité.
Protections périodiques réutilisables remboursées
En 2023, la Première ministre Elisabeth Borne avait annoncé que les protections périodiques réutilisables achetées en pharmacie seraient remboursées par la Sécurité sociale dès 2024. Il aura fallu attendre trois ans et de nombreuses interpellations à l’Assemblée nationale d’Aurore Bergé, ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, pour que le gouvernement publie enfin le décret, le 16 avril. Cette mesure s’adresse aux étudiantes de moins de 26 ans et aux bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (CSS) et devrait concerner environ 6,7 millions de femmes. Elle doit entrer en vigueur en septembre et concernerait les culottes menstruelles et les cups, à raison de deux par personne et par an ; 60 % du prix serait pris en charge par la Sécurité sociale et 40 % par les complémentaires santé.
Dimension environnementale
Outre l’impact positif sur les femmes victimes de précarité menstruelle, cette mesure compte une dimension environnementale non négligeable, puisque chaque année en France environ 2 milliards de serviettes et de tampons non recyclables sont jetés, selon l’association Zéro waste. « Les culottes menstruelles vont également éviter aux femmes d’être en contact avec des substances toxiques présentes dans des serviettes et des tampons jetables », rappelle Camille. Cette avancée constitue en tout état de cause un pas de plus vers l’égalité homme/femme.




























