Accueil Mutami Sophie Elorri : « Mutami reste mobilisée »

Sophie Elorri : « Mutami reste mobilisée »

L’assemblée générale annuelle de Mutami a eu lieu le 23 juin à Toulouse. © Emmanuel Grimault

A l’occasion de l’AG annuelle de la mutuelle, qui a eu lieu le 23 juin à Toulouse, sa présidente, Sophie Elorri, revient sur le climat social et politique tendu que nous traversons et réaffirme les valeurs de solidarité de la Mutualité.

Dans quel contexte votre assemblée générale s’est-elle tenue ?

Sophie Elorri, présidente de la Mutuelle Mutami.

Sophie Elorri : Notre AG s’est déroulée dans un climat national très compliqué, surtout en ce qui concerne la santé. Nous avons appris qu’un nouveau transfert de charges de l’Assurance maladie vers les complémentaires était prévu par le gouvernement. Il pourrait atteindre 1,7 milliard d’euros en année pleine dès 2027*. A cela s’ajoute la problématique des déserts médicaux et des dépassements d’honoraires qui gagnent du terrain. La population doit désormais choisir entre l’alimentation, les loisirs et les soins. Et le plus souvent, c’est la santé qui est mise de côté.

Or, le renoncement aux soins induit des retards de prise en charge qui peuvent s’avérer dramatiques. Dans un tel contexte, c’est important de rappeler que Mutami reste mobilisée pour faire vivre le modèle de solidarité mutualiste. Nous sommes des acteurs du mouvement social, des militants pour une Sécurité sociale de haut niveau. Cette AG a aussi été l’occasion de voter pour le renouvellement de la moitié de nos administrateurs parmi lesquels trois nouveaux élus : Aurélie Degoul, Jonathan Grondin et William Lamy. 

Quelles sont vos orientations pour les mois à venir ?

S. E. : Nous allons poursuivre nos combats pour la santé des femmes, notamment contre les violences sexistes et sexuelles, et sur la santé globale. Face aux violences faites aux femmes, nous devons être pleinement engagés en valorisant des parcours de soins adaptés
et accessibles, en étant exemplaires dans la prévention auprès de nos salariés, et en participant à la mobilisation collective. 

Une formation de nos administrateurs sur ces questions est prévue le 25 novembre. En parallèle, une expo photo sera présentée au siège de la mutuelle à Toulouse.

Et concernant la santé globale ?

S. E. : Protéger la santé, c’est aussi agir sur ses déterminants : la qualité de notre environnement, nos conditions de travail, la façon dont nous nous alimentons… Tout est lié et interdépendant. La santé globale rassemble de nombreuses thématiques dont celle des pesticides. C’est pourquoi nous soutenons l’Association des mutuelles pour une santé planétaire qui a lancé l’an passé un Tour d’Europe des solutions. En trois ans, des cyclistes bénévoles prévoient de parcourir 3000 kilomètres à vélo pour sensibiliser le grand public aux dangers des pesticides. Et le 14 octobre à Toulouse, nous allons proposer une projection-débat du film Goliath au cinéma Utopia. Mutami a en outre noué un partenariat avec le collectif Les Pieds dans le plat, qui milite pour une restauration en circuits courts.

Serez-vous au congrès de la Fédération des mutuelles de France qui se tient à Nantes, en décembre ?

S. E. : Nous participerons bien évidemment à ce congrès, temps fort de la vie de la fédération. Mutami a commencé à travailler sur l’un de ses thèmes phares : la lutte contre l’extrême droite. Nous souhaitons réaffirmer nos valeurs : la justice sociale, l’égalité des droits, le féminisme, l’antiracisme, la solidarité et la défense du vivant. A la veille de la présidentielle, les politiques d’extrême droite représentent un véritable danger pour la santé. On le voit dans les municipalités déjà concernées : la ville de Carpentras dans le Vaucluse, par exemple, dirigée par un maire du Rassemblement national, a décidé de supprimer la subvention allouée au Planning familial. C’est un exemple concret des conséquences des politiques de l’extrême droite sur la santé des femmes. Nous devons tous rester vigilants. 

Pour plus d’informations sur les actions menées par Mutami : partenariat@mutami.fr

* Interview réalisée cet été avant l’annonce du doublement du plafond des franchises médicales.