Samedi 21 novembre, des milliers de personnes se retrouvaient, place du Trocadéro à Paris, pour manifester contre le projet de loi Sécurité globale du gouvernement et pour que dure la liberté d’informer.

Syndicats de journalistes, Snj, Snj-Cgt, Cfdt-Journalistes… Mais aussi association de citoyens, Ligue des droits de l’Homme, Attac France… appelaient à manifester contre le projet de loi Sécurité globale, dans un même but : s’opposer fermement à un texte qualifié de « liberticide ».

La mobilisation concerbe plus particulièrement l’article 24 de la looi, qui réprime la diffusion de l’image d’un policier, si elle a pour « but manifeste qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique », voté vendredi par l’Assemblée nationale. 

« En réalité, précise le Snj-Cgt, le fait de diffuser l’image, notamment en direct, serait donc, de fait, quasiment impossible. Le seul fait de filmer ou photographier conduira à des interpellations et à des violences commises par les forces de l’ordre, comme c’est déjà trop souvent le cas aujourd’hui. Clairement, ce sont non seulement les journalistes, reporteurs photo, reporteurs d’images, documentaristes, membres d’observatoires citoyens qui sont visés, mais quiconque, qui avec son téléphone portable prendra des photos, notamment lors de manifestations ou mouvements sociaux. Comment caractériser l’intention ? Comment prendre le risque que quelqu’un d’autre se serve des images pour nuire ? L’auto-censure sera massive dans les médias et les plateformes. »
L’Onu l’a rappelé, l’infraction de diffusion malveillante des images de forces de l’ordre, l’utilisation des drones et la généralisation des images de caméra-piétons violent le droit international. Le défenseur des droits et la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (Cncdh) ont également rappelé que ces dispositions contreviennent au droit constitutionnel et aux principes fondamentaux de la République.

Pour Emmanuel Poupard, premier secrétaire général du Snj, « cette proposition de loi intervient alors que le ministère de l’Intérieur a mis en place le nouveau Schéma national du maintien de l’ordre. Il y a une tentative nette du ministère de l’Intérieur de tenir le stylo des journalistes, leur micro ou leurs images. L’intention est claire : mettre au pas les journalistes ».
Depuis plus de six mois, des alertes ont été déposées sur la plateforme de l’Europe pour la protection du journalisme et la sécurité des journalistes, et la France n’a répondu à aucune de ces alertes.
Pour le président du Snj, « il est [aujourd’hui] de la responsabilité des pouvoirs publics de garantir la liberté d’expression des citoyens et en particulier le droit des journalistes à informer, révéler, commenter, critiquer, caricaturer ».

Pour que dure la liberté d’informer. Pour que dure la liberté d’expression dans notre pays.