Le Conseil de l’ordre des pharmaciens avait proposé de rajouter un article sur son code de déontologie qui stipulerait qu’un « pharmacien peut refuser d’effectuer un acte pharmaceutique susceptible d’attenter à la vie humaine ». Ce projet a été abandonné.

Les pharmaciens n’ont pas de clause de conscience. Il leur est interdit de refuser de délivrer un produit sur la base de leurs seules convictions personnelles. Pourtant, en début de semaine, l’Ordre a lancé une consultation interne pour rajouter dans leur code de déontologie, un article qui stipulerait qu’un « pharmacien peut refuser d’effectuer un acte pharmaceutique susceptible d’attenter à la vie humaine ».

L’idée a fait grand bruit dans le milieu et une pétition a immédiatement été lancée par un collectif de pharmaciens qui jugeait ce texte dangereux notamment pour le droit des femmes. En effet, selon eux, c’était un premier pas vers un refus de délivrer la contraception, la pilule du lendemain, le stérilet, le préservatif… et pourquoi pas les hormones pour les personnes transgenres, les médicaments aux toxicomanes ou des traitements contre le Vih…. La pétition a été signée par 10 000 personnes (pharmaciens et citoyens) en seulement 48 heures.

Finalement, le Conseil national de l’ordre de la profession a décidé d’abandonner son projet.

Les associations féministes ruent dans les brancards

La pétition qui a ciruclé sur les réseaux sociaux a soulevé un tollé dans les milieux féministes avec en tête le Planning Familial et l’association Osez le féminisme. Le Haut conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes, s’est également indigné du projet.

En effet, les pharmaciens peuvent déjà refuser de délivrer un traitement dans l’intérêt de la santé du patient, stipule le Code de la santé. « Alors pourquoi inscrire cette clause de conscience dans le nouveau code si ce n’est pour satisfaire les pharmaciens les plus réactionnaires, qui souhaitent avoir le droit de ne pas délivrer certains médicaments par convictions personnelles ? » stipule la pétition.

La ministre de la Santé a rappelé dans un communiqué, l’importance des droits des femmes en matière de contraception et le droit à disposer librement de leur corps. La Ministre Laurence Rossignol a également réagi, demandant à l’ordre de réaffirmer son attachement à la contraception.

A noter que pour être adopté, le Code de déontologie des pharmaciens doit être accepté par la Ministre de la Santé.

De leur côté les associations militant contre le droit à l’avortement comme Alliance Vita a regretté « la pression idéologique » à laquelle étaient soumis les pharmaciens favorables à l’évolution du code de déontologie.