Il reste des progrès à faire pour éviter les décès maternels. D’après une enquête, plus de la moitié seraient évitables. Les maladies cardiovasculaires et les suicides en sont les principales causes.

« Plus de la moitié des décès maternels recensés en France entre 2013 et 2015 sont considérés comme probablement ou possiblement évitables », alerte le 6e rapport de l’Enquête nationale confidentielle sur les morts maternelles (Encmm) de l’Inserm et de Santé publique France, rendu public en janvier.

Décès maternels

On parle de « décès maternel », lorsqu’une femme meurt pendant sa grossesse, son accouchement ou au cours de la première année suivant la naissance de son enfant. Heureusement, ils sont rares : 87 femmes en moyenne par an, mais c’est encore trop. En moyenne, cela représente 4 décès par jour. Les maladies cardiovasculaires et les suicides (intégrés pour la première fois dans l’enquête) sont les deux premières causes de mortalité. L’embolie amniotique* est la 3e cause de mortalité identifiée avec 11 % des décès, un niveau stable par rapport à la dernière période. En revanche, et c’est une bonne nouvelle, les décès liés à des hémorragies obstétricales, première cause de mortalité maternelle dans les précédentes enquêtes, ont été divisés par deux en 15 ans et s’élèvent désormais à 8 % de l’ensemble.

*L’embolie amniotique est la conséquence du passage dans la circulation maternelle de liquide amniotique lors du travail ou de l’expulsion. Les débris naturellement présents dans le liquide amniotique (cellules squameuses, duvet, mucus, éléments graisseux…) migrent vers les poumons de la mère où ils obstruent les artères, entraînant une détresse respiratoire aiguë.

Les maladies cardiovasculaires en ligne de mire

Les maladies cardiovasculaires sont responsables d’environ 13,7 % des décès maternels : on peut notamment mentionner l’hypertension artérielle gravidique, les cardiomyopathies, ou les dissections aortiques. Or, l’enquête mentionne que plus de la moitié de ces décès seraient évitables.

Le suicide correspond à la deuxième cause de mortalité maternelle, avec 35 suicides (soit environ 1 par mois !) de femmes enceintes ou jeunes mamans entre 2013 et 2015.

Facteurs de risque

L’âge de la future maman est un facteur de risque : « Par rapport aux femmes âgées de 25-29 ans, le risque est multiplié par 1,9 pour les femmes âgées de 30-34 ans, par 3 pour celles âgées de 35-39 ans, et par 4 à partir de 40 ans », relèvent les auteurs, ainsi que l’obésité. D’autre part, les femmes qui résident dans les Dom présentent un risque de mortalité maternelle multiplié par quatre par rapport à celles de métropole.

Prévenir les décès maternels

Les auteurs de l’étude notent que 58 % des décès maternels seraient évitables et préconisent plus de prévention en matière de maladies cardiovasculaires. Mais aussi, un suivi psychique de la femme enceinte avec recherche des antécédents de dépression, de conduites addictives ou une vulnérabilité sociale. « L’évaluation des risques avant la conception et en début de grossesse permet une prévention primaire et secondaire individualisée », rappellent-ils. Enfin, les examens post‑mortem devraient être « systématiquement envisagés en cas de mort maternelle sans cause évidente ».