Accueil Mutuelle des Alpes du Sud Les assemblées générales de section, en toute transparence

Les assemblées générales de section, en toute transparence

Assemblée générale de la section de Manosque, lundi 13 octobre, à La Brianne (04). © Jean-Marie Delmaëre

La MFAS a de nouveau proposé trois assemblées générales réparties sur les deux départements alpins. Une façon logique pour une mutuelle de proximité, d’aller au plus près de ses adhérents.

Château-Arnoux, Gap, La Brillanne… Les assemblées générales de sections ont quadrillé le territoire des Alpes du Sud, où se trouvent plus de 10 000 adhérents pour 16 500 personnes protégées. Viva Magazine a posé sa valise à La Brillanne, où une quarantaine de mutualistes entouraient le président de la Mutuelle de France Alpes du Sud (MFAS), Rémy Charpy, la directrice, Laurence Allix, et plusieurs administrateurs. Des assemblées chaleureuses, que le président a lancées en blâmant la politique « ubuesque et pitoyable » menée dans le pays, axant évidemment son propos sur la politique de santé « qui consiste à faire porter toute la charge des frais de la Sécurité sociale ou des mutuelles sur les assurés sociaux ». 

Il a énuméré les coups de boutoir financiers qui martyrisent le système de santé et les mutuelles complémentaires. « Exonérations massives de cotisations patronales sur les grandes entreprises, des dizaines de milliards d’euros ! Doublement des franchises sur les médicaments, transferts massifs de charges de la Sécurité sociale vers les mutuelles, augmentation du ticket modérateur, dépassements d’honoraires, hausses des remboursements, reste à charge zéro payé à 78 % par les mutuelles, etc. »

Un dialogue ininterrompu

Pendant l’intervention de Rémy Charpy, puis lors de la projection d’un diaporama sur les frais et charges de la mutuelle par Laurence Allix, le dialogue n’a pas cessé entre les mutualistes et la direction. « Pourquoi voit-on des manifestations syndicales, mais jamais de manifestions mutualistes dans la rue ? », questionnait l’un. « Pourquoi de nombreux centres mutualistes ont-ils fermé ici ? », demandait une autre. « Que deviennent les locaux ? » Le président et la directrice ont apporté des réponses précises. 

Un sujet prend de plus en plus de place dans le monde de la santé : la fraude. On en a évidemment parlé. La Sécurité sociale a détecté 115 millions d’euros de fraude en 2024. Près de 52 % des fraudeurs étaient des assurés et 27 % des professionnels de santé. En ce qui concerne le montant de la fraude, les professionnels de santé sont en tête, avec 68 % des montants détournés, contre 18 % pour les assurés. Immanquablement, la fraude impacte les comptes des mutuelles.

On a parlé cotisations, bien sûr, et des inévitables hausses (certaines sont conséquentes), car la MFAS a enregistré un résultat négatif pour la cinquième année consécutive. Sur ces cinq dernières années, les remboursements ont bondi de 37 % tandis que les cotisations, elles, n’augmentaient que de 33 %. Si les bonnes réserves de la MFAS sont un gage de sécurité, il est nécessaire de redresser la barre pour assurer une gestion saine. 

Rémy Charpy, président de la Mutuelle de France Alpes du Sud. © Eric Franceschi

Entretien avec Rémy Charpy : « La mutuelle reste solide »

« Reste à charge zéro », crise du Covid, taxes, transferts de charges… Autant d’éléments qui pèsent sur la santé financière des mutuelles et limitent leurs marges de manœuvre. Rémy Charpy, président de la MFAS, nous explique pourquoi la mutuelle, malgré sa solidité financière, n’a d’autre choix que d’augmenter les cotisations. 

Vous annoncez de nouvelles augmentations de cotisations pour 2026. Faut-il s’inquiéter pour la MFAS ?

Rémy Charpy : Il n’y a aucune raison de s’inquiéter. Nos fonds propres sont importants, la mutuelle reste solide, mais, pour une bonne gestion, nous devons, en effet, augmenter les cotisations. Les comptes doivent être équilibrés et ils ne le sont plus pour la cinquième année consécutive. Nous voulons arrêter de puiser dans nos réserves pour combler ce déficit récurrent.

Comment expliquez-vous ces déficits ?

R. C. : Fin 2019, les bons résultats des années précédentes nous ont incités à ne pas augmenter les cotisations de 2020, au bénéfice de nos mutualistes. Malheureusement, et on ne pouvait pas le prévoir, la crise du Covid a changé la donne. S’y sont ajoutées des surtaxes imposées par l’Etat et mises sur le dos de la crise. Puis le gouvernement a décidé le « reste à charge zéro », ou « 100 % santé » (dentaire, optique, audio), payé par les mutuelles à 78 %, qui a entraîné une explosion de la demande, notamment par des personnes qui étaient jusqu’alors mal soignées – et elles ont bien fait, car la santé est primordiale. Mais ce dispositif, tout en étant positif, a fait exploser le coût des remboursements par la mutuelle.

De fait, les dépenses sont plus fortes que les recettes ?

R. C. : Comme je l’ai dit lors des assemblées générales de sections, les remboursements ont grimpé de 37 % entre 2021 et 2025 tandis que, dans le même temps, nos cotisations n’augmentaient que de 33 % . D’autres mutuelles ont fait ce type de rattrapage, et elles sont toujours là.

Quel est l’impact du dispositif gouvernemental « reste à charge zéro » ?

R. C. : Entre 2020 et 2024, nos remboursements dans le cadre du « reste à charge zéro » sont passés de 375 819 euros à pratiquement 1 million d’euros (997 598 euros).

L’augmentation est-elle la même pour tous les contrats ?

R. C. : Non. Nos contrats présentent, chacun, des résultats techniques différents. La majorité ont des résultats corrects, mais d’autres sont franchement déséquilibrés (selon le portefeuille d’adhérents), et là, nous devons opérer un rattrapage de cotisation. La hausse minimale est de 5 % (hors tranches d’âges) et elle sera supérieure sur les portefeuilles en déficit. Pour une bonne gestion, sur 100 euros de cotisation reçue, le remboursement des dépenses ne devrait pas excéder 80 euros. Le reste va aux frais de gestion de la mutuelle. Or, sur certains types de contrats, la cotisation est absorbée presque entièrement par les remboursements, ce qu’il faut corriger.

Vos frais de gestion ne sont-ils pas trop élevés ?

R. C. : Non. Nos frais de gestion, malgré notre volonté de proximité avec les adhérents – et donc six agences ouvertes sur les deux départements alpins –, sont inférieurs à la moyenne nationale et à ceux des assurances. Nos frais de fonctionnement sont d’ailleurs en baisse.